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MICHELIN : LE SHERIFF DU VILLAGE GAULOIS, par Jean-Claude Ribaut, chroniqueur gastronomique


Notre ami Jean-Claude Ribaut remet le couvert à l'occasion de la sortie du Guide Michelin !

Dangereux récidiviste, il avait déjà commis en 2011 un livre détonnant intitulé ROUGE DE HONTE , biographie non autorisée de Bibendum (illustrations de Desclozeaux), un portrait tendre et (déjà) grinçant du fameux Guide.


   Dans les années Naegelen, au siècle passé, la publication du Guide Michelin obeissait à un rituel obscur mais bon-enfant. Les journalistes, accrédités ou non, se présentaient vers 7h 30 avenue de Breteuil (7ème) au siège parisien de l’entreprise clermontoise.
Une ou deux attachées de presse nous remettaient le dossier des nouveaux étoilés.
On pouvait obtenir sur le champ un bref entretien avec le patron, Bernard Naegelen, peu disert, mais plutôt bienveillant avec ses ouailles – les chefs – avec qui il entretenait une relation loyale. D’abord, seuls les promus figuraient sur la liste.
Il fallait comparer avec le guide de l’année précédente. Quelques intrépides essayaient d’avoir des tuyaux et parfois y parvenaient, grâce à des fuites obtenues, disaient-ils, chez l’imprimeur.
C’était un petit jeu, chacun était dans son rôle. Et Michelin fanfaronnait, annonçant la production de 883.000 exemplaires en l’an 2000 !
Aujourd’hui, tout a changé !
Le tirage du guide ne dépasse pas 30 000 exemplaires (Edistat). Et 8 jours avant la parution de l’édition 2023 à Strasbourg l’actuel patron du guide, Gwenael Pouellenec, communique non sur les promotions nouvelles, mais sur les déclassements : Savoy et Coutenceau. C’est dans l’air du temps : abattre les statues, jouer au shériff dans le village gaulois.
Je ne conteste pas la décision, elle appartient à l’éditeur, mais la manière inélégante, inquisitoriale, dénuée de toute justification.

Le Monde : La vraie vie des inspecteurs du guide Michelin

https://www.lemonde.fr/vous/article/2010/03/03/resto-boulot-dodo_1313757_3238.html

 


Jean-Claude Ribaut, architecte D.P.L.G, écrivain, a officié au journal Le MONDE  comme chroniqueur gastronomique pendant 25 ans (1989-2012), souvent en connivence graphique avec Desclozeaux, après avoir fait ses premières armes journalistiques à Combat puis participé à la création d’un magazine d’architecture qu’il a dirigé jusqu’en 1996. Sa première chronique gastronomique est parue en 1980, sous le pseudonyme d'Acratos (celui qui ne met pas d’eau dans son vin) dans le Moniteur des Travaux Publics. Il collabore à plusieurs revues et magazines : Atabula (plateforme d’information et d’opinion numérique sur la gastronomie en France et à l’étranger); Chroniques d'architecture; Dandy magazine;

l'Encyclopædia Universalis; Global Magazine; LaRevue : pour l'intelligence du monde; Le Monde de l'épicerie fine; Le Monde des grands Cafés; le Petit journal des Toques blanches lyonnaises; Plaisirs (magazine suisse bimestriel); SINE Mensuel; Tentation (trimestriel), etc.

 

JC Ribaut vu par (Jean-Pierre) Desclozeaux

Membre fondateur de la Mission Française du Patrimoine & des Cultures Alimentaires (M.F.P.C.A – "Le Repas gastronomique des Français") depuis 2007, Jean-Claude Ribaut est aussi membre fondateur de La Liste, classement qui répertorie les meilleurs restaurants à travers 180 pays (créée par Philippe Faure, ancien diplomate, qui fut président d'Atout France, l'agence de développement touristique de la France, et plusieurs journalistes et critiques gastronomiques ) depuis 2015.

Jean-Claude Ribaut est membre du conseil scientifique du PRé et co-anime la rubrique "Tutti Frutti".

 

Dernier ouvrage paru : "Voyage d'un gourmet à Paris" (Calmann-Lévy, 2014). Prix Jean Carmet 2015.

 

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