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LE MONDE VA DE SUCCES EN SUCCES, par Stéphanie-Mesnier-Angeli


La REVUE DE PRESSE de Stéphanie Mesnier-Angeli


« Le succès consiste à aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme » – Sir Winston Churchill.

 

     Voilà plus d'un an que le journaliste Christophe Gleizes est détenu en Algérie. Macron, qui comptait sur une grâce du président Tebboune pour le voir libérer, a vu ses espoirs douchés. Ni la fête de l'Aïd ni le Mondial de foot n'ont attendri le dictateur.

Le Parisien se demande pourquoi "la situation s'est enlisée". Au ministère de l'Intérieur, on avoue son incompréhension : "On a fait les gestes demandés, on est supposés être sortis de la crise". L'accréditation symbolique accordée par le patron de la Fifa, Gianni Infantino, au journaliste emprisonné, aurait "agacé" Tebboune. Celui-ci compte désormais "négocier". Un "troc" est évoqué et, comme pour Boualem Sansal, Berlin joue les intermédiaires (Le Parisien).

Exaspérée, la famille ne veut plus se taire. La mère, le beau-père et la grand-mère de Christophe Gleizes ont publiquement supplié l'Algérie de faire montre de clémence. Ils déplorent l'absence de soutien des grands noms du foot, tels Mbappé, Benzema et Zidane, en dépit de leurs demandes répétées. Même déception de Pierre de la Saussay, membre du comité de soutien de Gleizes : "On aimerait que des joueurs prennent publiquement position pour lui" (France Info). Mais pour l'heure : silence radio.

 

   Dans Le Figaro, Michel Houellebecq publie un long réquisitoire contre la légalisation de l'euthanasie. Selon lui, il s'agit d'une "rupture civilisationnelle" : avec l'effacement progressif des fondements spirituels et philosophiques européens, l'Occident est engagé dans un processus de décomposition morale dont l'euthanasie constituerait l'aboutissement.

Houellebecq rejette l'argument de la "dignité", estimant que la "véritable dignité" consiste à reconnaître une valeur inconditionnelle à tout être humain, indépendamment de son autonomie ou de ses capacités. Considérer la dépendance comme "honteuse" conduirait les plus fragiles à intérioriser leur inutilité jusqu'à souhaiter leur propre disparition.

Plus largement, il voit dans le "progressisme contemporain" (qu'il qualifie de "méprisant et arrogant") un mécanisme irréversible : "chaque avancée sociétale devient définitive", ce qui vide le débat démocratique de sa substance. La France, écrit-il, ne demande pas seulement "l'aide à mourir" pour certains citoyens, elle organise symboliquement sa propre disparition. "Nous entrons dans un monde où il sera plus facile de mourir ; j'aurais préféré un monde où l'on puisse vivre" (Le Figaro).

Un texte qui porte à réfléchir, mais qui ne répond pas aux situations concrètes qui nourrissent le débat sur la fin de vie : douleurs réfractaires, maladies incurables, souffrances insupportables ou demandes répétées de patients en fin de vie.

 

   Gadi Eizenkot pourrait-il devenir le prochain Premier ministre d'Israël ? Un sondage de Channel 13 place l'ancien chef d'état-major devant Netanyahou. Le nouveau parti de Gadi Eisenkot, Yashar, obtiendrait 22 sièges à la Knesset, contre 21 pour le Likoud.

Né en 1960 à Tibériade, Eisenkot est l'un des officiers les plus respectés de l'histoire récente d'Israël. Son parcours militaire est considéré comme "remarquable" et son fils, officier de réserve, a été tué à Gaza en 2023. Il a créé cette année son propre parti, Yashar ("Droit" ou "Intègre", selon les traductions), et veut rassembler une large coalition allant du centre droit aux modérés hostiles à Netanyahou (Jerusalem Post).

 

   Entre l'Iran et les États-Unis, les hostilités ont repris. Téhéran a répondu aux frappes américaines en bombardant Bahreïn, le Koweït, le Qatar et la Jordanie. Selon Trump, l'accord conclu avec les mollahs devait pourtant être "le plus gigantesque accord de tous les temps", ouvrant une "période de paix et de prospérité jamais vue". Pour l'heure, "c'est terminé". Peut-être que, demain, il en ira autrement. Car souvent Trump varie, bien fol est qui s'y fie.

On est passé de : "les dirigeants iraniens sont des gens très rationnels, sympathiques à fréquenter, des gens forts et intelligents, ils ne sont pas radicalisés" (16/6) à : "ils sont cinglés, ils sont malades, ce sont des joueurs sales, ce sont de la racaille, ce sont des gens maléfiques" (8/7).

D'où ces questions, de plus en plus aiguës : Que vaut la parole du président des États-Unis ? Que restera-t-il de la crédibilité de cette parole après lui ?

 

   En Bref : Contre le Maroc, les Bleus s'en sont sortis grâce à Mbappé et rejoignent les demi-finales (L'Équipe) – La canicule s'étend sur le pays (alerte rouge pour 9 départements), et la sécheresse s'aggrave. Les agriculteurs sont à la peine : cultures et élevages sont en grande souffrance. La nuit la plus chaude a atteint 30,6°C à Céret, dans les Pyrénées orientales (BFM) – Selon un rapport sénatorial, le coût du droit d'asile en France est de 2Mds/an – Olivier Faure a perdu le vote interne au PS sur le mode de désignation d’un candidat pour la présidentielle : à sa primaire ouverte a été préférée une primaire fermée. "Un camouflet" (Les Échos) – La Cour européenne des droits de l’Homme a déclaré recevable la requête de Nicolas Sarkozy dans l’affaire des écoutes (Bismuth), ouvrant la voie à un réexamen du dossier – Selon une étude Captivate Network, la productivité des salariés baisse de 20% durant l’été, et jusqu'à -40% si la température atteint les 40°C. Et leur niveau de distraction augmente de 45% – La tapisserie de Bayeux est arrivée au British Museum à Londres pour une exposition historique – Selon des scientifiques de l'université de Harvard, orange, pomme, grenade, fruits rouges et raisins sont les meilleurs amis du microbiote intestinal.

« Il était une fois, je tombais amoureux, Mais maintenant je ne fais que tomber en morceaux. Il n'y a plus rien que je puisse faire. Une éclipse totale du cœur»


Stéphanie Mesnier-Angeli est journaliste (Canard Enchaîné), écrivain et romancière. 

Auteur entre autres de Barnabé - Le Roman d'un chat  (Librinova, 2021), Tueuses mais pas trop (Fayard, 2015).

Egalement co-auteur de livres politiques (avec Claude Angeli): Les Micros du Canard (Les Arènes, 2014), En basse campagne (Grasset, 2002), Chirac, père et fille (Grasset, 2000), Fort Chirac (Grasset, 1999), Sale Temps pour la République (Grasset, 1997), Le Nid de serpents: bataille pour l'Elysée 1993-1995 (Grasset, 1995), Notre allié Saddam (Orban, 1992).

Stéphanie Mesnier-Angeli est une contributrice du PRé et livre gracieusement cette Revue de presse depuis septembre 2024.

 

 

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