La REVUE DE PRESSE de Stéphanie Mesnier-Angeli
«Je suis un optimiste, mais un optimiste lucide. Je sais que tout va mal » – Raymond Devos.
Sur LCI, l'Insoumis Bagayoko (le maire de Saint-Denis qui a retourné contre le mur le portrait du président de la République), a remis en cause le principe démocratique du vote et appelé à "l'insurrection populaire si le RN est élu en 2027". Selon lui, le nouveau président aura "une légitimité institutionnelle, mais jamais la légitimité populaire"…
Affirmer à l'avance qu'un candidat démocratiquement élu n'aura "jamais la légitimité populaire" pose certaines questions. Délégitimer le vote qui ne produit pas le bon résultat (comme le fait Trump depuis son échec contre Biden en 2020), sape profondément la démocratie. Et si l'élection n'a aucune valeur, pourquoi ne pas prendre le pouvoir par "l'insurrection" sans attendre 2027 ?
L'évacuation des passagers du MV Hondius se poursuit. Les 5 Français à bord de la croisière quand s’est déclaré un foyer d'Hantavirus ont été rapatriés et placés à l’isolement. L'un d'eux présente des symptômes. Le gouvernement se veut rassurant, mais, pour le médecin épidémiologiste Antoine Flahaut, "tout n'est pas clair sur ce virus, notamment sa transmissibilité". La durée d'incubation est très longue (8 semaines), et le virus pourrait se propager, "sous les radars". Aussi, préconise-t-il un isolement strict pour les cas contacts, plutôt que "l'auto-isolement" (Le Parisien).
Le PS se déchire autour de la primaire à gauche. Le départ de Boris Vallaud de la direction, vendredi, a tourné au psychodrame, et Olivier Faure se retrouve en minorité. Rappel : Vallaud reprochait à Faure son refus de permettre la désignation d’un candidat socialiste à la présidentielle avant l’été (un rôle qu’il se verrait bien occuper). François Hollande, qui se "prépare" pour 2027, a jeté son grain de sel : "Que chacun le comprenne bien : il n’y aura pas de primaire pour désigner un candidat de la gauche au-delà du Parti socialiste. En clair, les Écologistes, François Ruffin, Clémentine Autain et les autres, c’est fini" (France 3).
"Je n'aime pas cette réponse", a déclaré Trump, qui juge les dernières propositions de l’Iran pour un accord avec les États-Unis "totalement inacceptables". Les Iraniens ont répondu : "La réaction du président américain n'a aucune importance, personne en Iran ne rédige des propositions pour faire plaisir à Trump, et lorsque Trump est mécontent, c'est encore mieux"… Les Gardiens de la révolution ont demandé à la population de "se préparer à la guerre finale contre les Américains et leurs alliés" (CNN, Axios). Ça avance !
Téhéran a menacé d'une "réponse immédiate" en cas de déploiement français et britannique dans le détroit d'Ormuz. Et selon le WSJ, Israël a construit "une base israélienne secrète dans le désert irakien" abritant des forces spéciales et servant de centre logistique pour ses opérations en Iran". Cela, "sans coordination avec Bagdad"…
Le PM israélien Netanyahou a annoncé dans l'émission 60 Minutes que son pays comptait "mettre fin à sa dépendance à l'aide militaire américaine", affirmant : "Il est temps que nous nous sevrions du soutien militaire restant".
Pas une mauvaise idée tant les sondages montrent aux États-Unis l'ampleur de l'érosion de l'opinion publique envers Israël. Même parmi les Républicains, le soutien à l'État hébreu s'amenuise. Les causes sont diverses, mais le prochain président des États-Unis pourrait ne pas être aussi amical que ses prédécesseurs envers Israël.
Le PM travailliste britannique est sous le feu. Le Labour a perdu près de 1.500 sièges de conseillers aux élections locales, notamment dans les régions ouvrières du nord et du Centre de l'Angleterre. Le parti Reform UK de Nigel Farage (extrême droite) fait un carton en gagnant 1450 sièges. Les appels à la démission de Keir Starmer se multiplient. Celui-ci refuse et, pour contrer la menace, a appelé auprès de lui un conseiller spécial : l'ex-PM Gordon Brown (The Times)
À Paris, l'installation de la "caverne du Pont-Neuf" va durer 2 mois : bus déviés, restrictions de circulation, etc. (Le Parisien). Dans Le Figaro, le maire, Emmanuel Grégoire, dévoile son "plan pour un droit au beau dans tous les quartiers de Paris". Avec beaucoup de formules creuses ("mieux vivre l'espace public au quotidien", "préserver l'agilité de transformation au nom de la prospérité", etc.) et la nomination d'une "déléguée générale au design et à l'esthétique". Sans oublier : "moins de voitures, mais des bus-express qui auront une super-priorité aux carrefours".
En Bref : La Chine confirme la visite de Trump du 13 au 15 mai – Lors des célébrations du 9 mai, Poutine a déclaré que la Finlande avait rejoint l'Otan (avril 2023) pour "s'emparer d'une partie de la Russie" - La coupure de l'internet en Iran pour isoler la population a coûté au pays "80M$ par jour en pertes directes et indirectes" (NY Times) - CNN révèle l’ampleur croissante des vols de surveillance et de renseignement américain autour de Cuba et dans la région caraïbe ces derniers mois - le Sud-Africain JM Coetzee, prix Nobel de Littérature 2003, ne participera pas au Festival international des écrivains de Jérusalem (25-28 mai) en raison de la situation à Gaza - Sarah Knafo souhaite qu'Eric Zemmour soit le candidat de Reconquête. L'ex-éditorialiste va "faire plus de médias" et "plus de terrain sur son nom" pour "se remettre en selle" (Politico) - Beau lapsus du désormais célèbre Bagayoko qui, sur la chaîne Oumma, appelle à "une marche antisémite… euh, contre le sémitisme" - Les dernières sorties de Mélenchon, pour les distraits : "Taïwan, c'est la Chine" et "Israël est le pays le plus dangereux du monde" (TF1). "Mes parents étaient des pieds-noirs, mais pas des colons". "J'ai été traité de bougnoul dans ma jeunesse". Sans rougir, il a déclaré que ses parents avaient été "inhumés dans une fosse commune en raison de leur pauvreté", alors qu'il était sénateur depuis 20 ans et ancien ministre lors de leur décès.
Jason Mraz plonge dans le gospel traditionnel américain, les hymnes protestants et la country spirituelle des Appalaches. C'est un cadeau pour sa grandma.
Stéphanie Mesnier-Angeli est journaliste (Canard Enchaîné), écrivain et romancière.
Auteur entre autres de Barnabé - Le Roman d'un chat (Librinova, 2021), Tueuses mais pas trop (Fayard, 2015).
Egalement co-auteur de livres politiques (avec Claude Angeli): Les Micros du Canard (Les Arènes, 2014), En basse campagne (Grasset, 2002), Chirac, père et fille (Grasset, 2000), Fort Chirac (Grasset, 1999), Sale Temps pour la République (Grasset, 1997), Le Nid de serpents: bataille pour l'Elysée 1993-1995 (Grasset, 1995), Notre allié Saddam (Orban, 1992).
Stéphanie Mesnier-Angeli est une contributrice du PRé et livre gracieusement cette Revue de presse depuis septembre 2024.
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