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LES JOURS QUE NOUS AVONS LAISSES DERRIERE, par Stéphanie Mesnier-Angeli


La REVUE DE PRESSE de Stéphanie Mesnier-Angeli


« On ne peut pas dire la vérité à la télé, il y a trop de monde qui regarde » – Coluche.

 

     Le Figaro a lu le rapport de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, et détaille les 10 recommandations formulées pour parvenir à une réduction de 1Md€ du budget (1/4 de l'enveloppe).

Constat du rapporteur, Charles Alloncle (UDR) : "Il y a sur le service public une centaine de chaines et beaucoup de rediffusions". Il propose de fusionner France 2 et France 5, France Info et France 24, France 3 Régions et ICI (France Bleu), de supprimer France 4, Le Mouv' et Slash. "En libérant le trop-plein de jeux et de rediffusions de France 2, on peut y inclure davantage de documentaires, d’investigation, de débats politiques. On créerait ainsi une chaîne généraliste de premier plan, référence pour l’information et la culture", écrit le député.

Il préconise "moins de sport" (budget réduit d'un tiers), tout en "sanctuarisant le Tournoi des six nations, le Tour de France et Roland Garros". Moins de jeux (3/4 du budget supprimé), et fini les téléréalités.

"Le service public doit être une agora permettant la confrontation d’idées et a une obligation de pluralisme", rappelle aussi Alloncle, qui affirme : "Il y a une absence de diversité des éditorialistes sur le service public. Patrick Cohen fait l’édito politique du matin sur France Inter, et, le soir, on le retrouve sur France 5".

Autre idée : en finir avec l'externalisation massive des programmes de France Télés, dont "un milliard d'euros de contenus est fabriqué par des sociétés de production privées". Le rapporteur s'offusque de voir des salariés de l'audiovisuel public à la tête de juteuses sociétés de productions ou figurer dans l'organigramme de la Mairie de Paris. Déjà, en leur temps, les Guignols de l'Info dénonçaient le système des fameuses "patates".

https://www.youtube.com/watch?v=PVcI048aA_s

 

   Le Figaro approuve : "France Télévisions est un écosystème militant lové dans le giron de l'État, ne produisant qu'une part infime de ses programmes en interne, et abreuve de ses millions d'argent public des géants du privé et les grands capitaines industriels de la gauche culturelle". Interviewée par le quotidien, Catherine Pégard (min. Culture) fait mine de découvrir ces dérives et juge "urgent de faire évoluer l'audiovisuel public".

Pourtant, avant le rapport de la commission d'enquête parlementaire (qui a manqué périr étouffé avant d'avoir vécu), un autre rapport de 160 pages de la Cour des comptes alertait déjà sur "la situation financière critique" de France TV et appelait à des "réformes structurelles". Le diagnostic n'a rien de nouveau : depuis plus de 10 ans, rapports et notes d'exécution budgétaire sur l'audiovisuel public diagnostiquent des "crises structurelles et préconisent des "réformes".

 

   "Quelles suites au rapport Alloncle ?" s'interroge Le Parisien. Un cadre du service public espère le voir "mourir de sa belle mort".

Une "niche parlementaire, le 25 juin", pourrait favoriser l'étude par les députés "de quelques-unes de ses préconisations". Notamment l'interdiction du "pantouflage des ex-dirigeants de France Télés dans les sociétés de production". Ou encore le pluralisme des éditorialistes, notamment sur France 5, "où le déséquilibre est flagrant" (Le Parisien).

S'il accède au pouvoir, le RN lancera la privatisation de l'audiovisuel public, a promis Le Pen. Les Insoumis, eux, s'engagent à "démanteler l'empire Bolloré".

 

   Hier, sur TF1, flanqué de Panot, Bompard, Guetté et Chikirou en coulisses, Mélenchon, 75 ans, a mis fin à un suspense insoutenable en annonçant sa 4e candidature à la présidentielle. L'Opinion ironise sur ce "multirécidiviste" et son manteau en cuir, remisé pour un costume sombre et une cravate rouge. Dans Politico, un socialiste fulmine : "JLM profite que les directions des socialistes et des écologistes se regardent le nombril pour lancer sa campagne".

L'armada insoumise, elle, s'est mise en mouvement, "au service du leader naturel et incontesté" et squatte depuis hier soir plateaux et studios. Par exemples, ce matin : Manon Aubry (RMC), Bally Bagayoko (Public Sénat), Mathilde Panot (France 2), Manuel Bompard (France Inter)…

 

   À Londres, le chef de la police a déclaré au Times que "les Juifs sont confrontés à la plus grande menace de leur histoire". La police est impuissante à endiguer l'antisémitisme charrié par les réseaux sociaux, qui alimente le terrorisme islamiste. D'anciens Royal Marines et des parachutistes vont être mobilisés pour protéger synagogues et écoles juives. Comme en France, l'antisémitisme se banalise plus chaque jour. Le MI5 évoque une "épidémie d'antisémitisme" et une "menace élevée". Porter une kippa ou être identifié comme juif représente "un risque sécuritaire". Ce climat est nourri par les "discours haineux et certaines formes de radicalisation" (Sunday Times)

 

   En Bref : Trump a annoncé que les États-Unis vont "guider les navires des nations qui n'ont absolument rien fait de mal" à traverser le détroit d'Ormuz (Washington Post) - Malgré la guerre en Iran, le Wall Street Journal salue la "résilience de l'économie mondiale" qui, pour l'heure, repousse la récession - Ce n'est pas tout à fait le cas en France : l'inflation est passée de 0,3% en janvier à 2,2% en avril, la croissance est nulle (Insee) - La colère de Trump contre le chancelier Merz fait la Une de la presse outre-Rhin. Les USA vont retirer 5.000 de leurs GI d'Allemagne - En 6 ans, Paris a perdu 141 librairies et 579 fast food ont ouvert (rapport Apur) - La cathédrale de Clermont-Ferrand est à l'agonie (Le Parisien) - L'Argentine a arrêté et se prépare à expulser Dmitri Novikov, un citoyen russe accusé de diriger un "réseau de déstabilisation" (el periódico) - Une petite brasserie du Finistère a été contrainte par les avocats de Yoko Ono (très fâchée) de retirer de la vente sa bière au citron "John Lemon" – Il n'est pas trop tard pour passer un week-end à Fackham Hall (Canal +). Un délice de gags en rafale et d'humour débridé.

Nostalgique et intimiste, "Days We Left Behind" annonce le prochain album de Paul McCartney.


Stéphanie Mesnier-Angeli est journaliste (Canard Enchaîné), écrivain et romancière. 

Auteur entre autres de Barnabé - Le Roman d'un chat  (Librinova, 2021), Tueuses mais pas trop (Fayard, 2015).

Egalement co-auteur de livres politiques (avec Claude Angeli): Les Micros du Canard (Les Arènes, 2014), En basse campagne (Grasset, 2002), Chirac, père et fille (Grasset, 2000), Fort Chirac (Grasset, 1999), Sale Temps pour la République (Grasset, 1997), Le Nid de serpents: bataille pour l'Elysée 1993-1995 (Grasset, 1995), Notre allié Saddam (Orban, 1992).

Stéphanie Mesnier-Angeli est une contributrice du PRé et livre gracieusement cette Revue de presse depuis septembre 2024.

 

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