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AUX ETATS-UNIS, AU MALI, EN FRANCE..., par Stéphanie Mesnier-Angeli


La REVUE DE PRESSE de Stéphanie Mesnier-Angeli


🎨 Svetlana Kiisky
🎨 Svetlana Kiisky
"L’expérience est le nom que l’on donne à ses erreurs" – Oscar Wilde
     "Trump le miraculé" (Les Échos). "Trump la mort" (l'Opinion). "Le Président que rien n'abat" (L'Alsace). "Trump est devenu une cible" (Washington Post)... Le président américain a été victime d'une nouvelle tentative d'assassinat, dans l’hôtel où se tenait le dîner des correspondants à la Maison-Blanche. "Ça fait partie du métier, du moins si vous faites du bon travail. C'est arrivé à nos plus grands présidents, pas à ceux qui ne font rien", a déclaré le survivant, plutôt détendu. Et d'ajouter : "Je ne connais pas profession plus dangereuse, mais je suis là pour ça, j'aime ce pays et j'en suis fier". Le tireur, qui a blessé un agent des services de sécurité, est Cole Allen, 31 ans, professeur en Californie, sans casier judiciaire, dont les motivations demeurent encore floues.
"Trump insubmersible ou mal protégé ?" (L'Est Républicain). Selon le WSJ, "des failles de sécurité élémentaires ont exposé Trump à un tireur". Newsweek souligne plutôt le "climat de violence politique (qui) s’est installé dans le pays". Des attaques visent des élus "à tous les niveaux et dans les deux camps". Hier, Trump a appelé les Américains à "résoudre leurs différends pacifiquement"...
Au Mali, des "attaques sans précédent" ont été menées à Bamako et 6 autres villes. Et notamment à Kidal, où se trouve le camp Soundiata Keïta, "le cœur du pouvoir de la junte". Les résidences de plusieurs personnalités du régime ont été visées. Le ministre de la Défense a été tué, et peut-être aussi le chef d'état-major des armées (RFI). Dakaractu évoque une déroute cinglante pour l'armée malienne et les miliciens russes de l'Africa Corps, qui se sont retirés en agitant le drapeau blanc. Le gouvernement a déclaré, dans un communiqué, avoir "le contrôle de la situation". Rien n'est moins sûr.
   C'est aujourd'hui que les députés de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public vont voter, ou pas, la publication du rapport couronnant 5 mois de travaux. Une censure serait quasi inédite, mais plusieurs médias rapportent que socialistes et Verts vont s'opposer à la publication. Les 9 macronistes de la commission feront la différence. Mais le vote aura lieu à huis clos et nul ne devrait savoir qui a voté quoi. Dans la plus grande transparence, quoi !
Avant la commission d'enquête, un rapport de la Cour des comptes s'était déjà montré particulièrement sévère sur la gestion des 4Mds€ annuels d'argent public par France Télés. Le Figaro compare les auditions de la commission à un "coup de pied dans la fourmilière" : placards dorés, poids des sociétés de production extérieures, "bonnes affaires des animateurs vedettes", biais idéologiques, etc.
Les médias "de gauche" parlent de "cabale contre le service public" et n'ont pas de mots assez durs, ceux de droite invoquent le débat et la liberté d'expression.
Le citoyen lambda, lui, ne serait-il pas assez grand pour lire ce rapport et se forger sa propre opinion ?
   On ne peut pas dire que la condamnation de Kamel Daoud en Algérie a mobilisé les intellectuels français. Trois ans de prison ferme et 5M de dinars pour avoir, dans son roman Houris, évoqué la guerre civile de 1990, c'est pourtant assez choquant de la part d'un régime qui tance la France pour ses "crimes coloniaux", mais s'avère incapable de regarder son passé en face. Bref, silence autour de Kamel Daoud. Silence aussi autour du journaliste Christophe Gleizes, toujours otage des geôles algériennes.
Beaucoup de bruit, en revanche, pour accabler Boualem Sansal, cet "ingrat", "vendu à l'extrême droite" de Bolloré, "ni un bon écrivain ni un gros vendeur", selon la journaliste du Monde Clémentine Goldszal (400.000 lecteurs, pour 2084, c'est peu ?). Au point que samedi, sur LCI, l'écrivain a avoué songer à "quitter la France (...) Trop, c'est trop. Je subis des attaques du matin au soir. Des insultes. On me fait passer pour un criminel. Ils veulent me faire taire, mais je ne leur ferai pas ce plaisir. Je vais partir, en Suisse, en Belgique..."
En janvier 2025, alors que Sansal était incarcéré en Algérie depuis 4 mois, une partie de la gauche avait refusé ou s'était abstenue de voter une résolution au Parlement européen réclamant sa libération. Les Insoumis dénonçaient "l'algérophobie" et "l'islamophobie" d'une telle résolution. "Ces voix minoritaires ont pris de l'ampleur. L'ouragan s'est déclenché avec l'annonce de son arrivée chez Grasset", estime Le Figaro.
Boualem Sansal a été reçu ce week-end à l'Académie royale de Belgique, où il succède à Miguel del Castillo. Yves Namur, le secrétaire perpétuel de l'institution, a déclaré : "L'Académie offre une ouverture à différentes pensées. C'est l'écrivain que l'on couronne. L'objet, c'est d'abord et toujours la littérature. Boualem Sansal a mon soutien sur ce sujet. Le reste m'importe peu".
   En Bref : Le ministre iranien des AE est arrivé à Saint-Pétersbourg, où il doit rencontrer Poutine, le plus important soutien de Téhéran - Pour tenter de "déloger Netanyahou", les anciens PM Naftali Bennett et Yair Lapid ont fusionné leurs partis en vue des prochaines élections. Gadi Eisenkot pourrait les rejoindre (Haartez) - Selon des mails du Pentagone (Reuters), Washington envisage des représailles contre les pays de l'Otan n'ayant pas soutenu l'opération US en Iran. Une suspension de l'Espagne est évoquée - La librairie Gibert, bien connu des Parisiens, a demandé son placement en redressement judiciaire - Ne dites plus Ehpad, mais "Maison France autonomie". D'un coup de baguette magique, le gouvernement a transformé "dépendance" en "autonomie"... - À La Baule, des propriétaires sont en colère contre la plantation de 700 arbres sur le remblai, qui pourraient leur "gâcher la vue". Une pétition circule (BFM) - Macron se rend pour 2 jours en Andorre en sa qualité de co-prince (l'autre co-dirigeant est un évêque catalan). Il est attendu sur la question de l'avortement, strictement interdit sur ce territoire - Après avoir décliné l’invitation, Mathilde Panot (LFI) participera finalement à la réunion organisée demain par le gouvernement pour parler de l’antisémitisme : "On a des choses à dire". Ben tiens... - Charles & Camilla débarquent à Washington. Enfin du glamour !
Mort du pianiste et chef d'orchestre Michael Tilson Thomas, maestro à l'allure d'oiseau disciple de Leonard Bernstein et fondateur du New World Symphony.

Stéphanie Mesnier-Angeli est journaliste (Canard Enchaîné), écrivain et romancière. 

Auteur entre autres de Barnabé - Le Roman d'un chat  (Librinova, 2021), Tueuses mais pas trop (Fayard, 2015).

Egalement co-auteur de livres politiques (avec Claude Angeli): Les Micros du Canard (Les Arènes, 2014), En basse campagne (Grasset, 2002), Chirac, père et fille (Grasset, 2000), Fort Chirac (Grasset, 1999), Sale Temps pour la République (Grasset, 1997), Le Nid de serpents: bataille pour l'Elysée 1993-1995 (Grasset, 1995), Notre allié Saddam (Orban, 1992).

Stéphanie Mesnier-Angeli est une contributrice du PRé et livre gracieusement cette Revue de presse depuis septembre 2024.

 

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Commentaires: 1
  • #1

    Jean Naem (lundi, 27 avril 2026 17:44)

    C’est absolument terrifiant ce texte ! Présenter la situation malienne en oubliant de mentionner qui sont les attaquants qui se sont livrés à des actes de terrorisme contre des représentants du pouvoir dont on pense ce que l’on veut, mais quine valent pas plus ni moins que les atroces dictateurs installés par la France au Cameroun, en Côte d’Ivoire ou Bénin, est une honte. Les groupes armés ( On se demande par qui à part Paris et Alger) sont des filiales djihadistes d’Al Qu’aida. C’est une manière d’oublier pourquoi l’armée malienne à vire les Français au profit des russes compte-tenu de son incapacité pour ne pas dire sa complicité à lutter contre les « terros ». L’opération Barkhane a coûté une blinde ou contribuable français pour une sécuriser que la capitale. Au moins les Milices russes font toujours dans la logique d’expulser ces factions au dehors du territoire. La tache est rude, la preuve. Mais le récit méchants russes doit perdurer pour que perdure une bien triste ambition de la France en Afrique.