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LA REVUE DE PRESSE DU LUNDI, par Stéphanie Mesnier-Angeli


La REVUE DE PRESSE de Stéphanie Mesnier-Angeli


🎨 Carey Parks
🎨 Carey Parks

"Le plus souvent, on cherche le bonheur comme on cherche ses lunettes quand on les a sur le nez" – André Maurois

 

     Le Wall Street Journal a publié ce week-end un portrait de Trump en chef de guerre. Sans surprise, il apparait brouillon et impulsif, sans vision, égocentré et frustré d'une victoire qu'il espérait éclatante. Il prétend jouer sur "une stratégie de la disruption", voulant se montrer "imprévisible et dur" pour forcer les Iraniens à négocier, mais sa "communication agressive" inquiète son camp. Surtout quand elle se traduit en insultes ou "postures difficiles à contrôler politiquement", et souvent "contre-productives". Néanmoins, en privé, Trump se dit "très préoccupé par les risques de cette guerre : pertes américaines, enlisement, coût politique, perception historique de sa présidence...

Dans cette guerre entre les États-Unis et l'Iran, "la question n'est plus militaire, mais stratégique", estime le Financial Times. En clair : qui cédera le premier ? Téhéran ne compte pas participer à de nouvelles négociations avec Washington (télévision d’État iranienne), et ce, même si une délégation américaine doit arriver aujourd’hui au Pakistan. En revanche, l’Iran a promis de "riposter bientôt" à la prise de contrôle armée par la marine US d’un de ses cargos qui tentait de forcer le blocus des ports iraniens imposé par les États-Unis (Reuters).

Trump a changé la donne en bloquant les ports iraniens du détroit d'Ormuz, visant directement les revenus pétroliers de Téhéran. Et les mollahs jouent avec les nerfs de leurs adversaires en ouvrant et fermant le détroit, pour maintenir un levier de pression. "Le conflit a changé de nature : ce n'est plus une compétition de frappes, mais une bataille pour maintenir, ou perturber, le circuit énergétique mondial" (FT). Une sort de "je te tiens, tu me tiens par la barbichette.

Mais pour la France, ça va trop loin : "Des caisses de coucougnettes, une spécialité de Pau, sont bloquées dans le détroit d'Ormuz" (Sud-Ouest).

 

   Le psychodrame provoqué par le licenciement d'Olivier Nora, ex-PDG de Grasset, a fait réagir jusqu'à Macron, qui a déclaré, vendredi, que "les grandes maisons d’édition" devaient être "protégées dans leur pluralisme et leur diversité". Une nouvelle loi en vue ? Jamais mieux servi que par soi-même, Vincent Bolloré, lui, a réagi dans le JDD (propriété de Lagardère News) : "Alors que la situation financière et sociale de millions de Français est actuellement très préoccupante, comment cette affaire peut-elle faire autant de vacarme ?" (Macron n'a pas eu un mot pour les ouvriers de Stellantis). Bolloré impute le départ de Nora à de mauvais résultats économiques : "Le chiffre d'affaires de Grasset, qui était de 16,5M€ en 2024, est descendu à 12M en 2025. Et le résultat opérationnel, qui était de 1,2M en 2024, a diminué de moitié. Dans le même temps, la rémunération annuelle d'Olivier Nora est passée de 830.000€ à 1,017 million d'euros. Cette rémunération, payée par Hachette, n'a été facturée que pour moitié à Grasset, améliorant ainsi les charges apparentes et donc, le résultat présenté".

Bolloré dénonce "une petite caste qui se croit au-dessus de tout et de tous". Ce sont désormais 170 auteurs qui annoncent quitter Grasset. "Ils sont tous là, sous le haut patronage de Minc (ami de lycée de Nora), de la gauche Kouachi (Virginie Despentes) à la droite cocaïne (Frédéric Begbeider)", écrit rageusement le JDD, qui accuse Nora d'avoir "soigneusement orchestré son départ" grâce à "l'ami Olivennes, PDG d'Editis, 2e groupe d'édition derrière Hachette". La liste de ces auteurs "ressemble à une revue de presse, la majorité d'entre eux sont journalistes". En les publiant, accuse le JDD, Nora s'assurait ainsi des relais, des articles et de la visibilité, au détriment de la littérature, la vraie, "abandonnée à ses deux éditeurs, Christophe Bataille et Charles Dantzig". David Dufresne a déchiré sur France 5 le contrat d'édition de son livre, "qu'il n'avait pas encore signé". Sur FB, Sorj Chalandon déclare être "redevenu un chien des rues, infecté par la rage"... "Grasset continuera, et c'est une formidable opportunité pour de nouveaux auteurs", estime un proche de Bolloré (BFM).

Pour Mediapart, "en virant le patron de Grasset, Bolloré accélère son offensive dans l'édition, qu'il entend mettre au pas, un an avant la présidentielle". La bataille est "culturelle et idéologique".

Après la charge de Bolloré, la réaction de Nora est évidemment très attendue...

 

   "Les écrans tuent le goût de la lecture chez les jeunes", titre Le Figaro. Les ados consacrent 18min à la lecture contre plus de 3 heures aux écrans (hors lecture). Or, qui lit peu écrit mal. "L'emploi des temps comme le passé simple, l'imparfait du subjonctif et même le futur simple est étranger aux ados", déplore un linguiste. La qualité de concentration et de compréhension s'en ressent. "On est passé de la lecture enrichissante à la consommation abrutissante". Et le succès de la "dark romance" auprès des ados n'a rien de rassurant. "Pauvres en vocabulaire et à la syntaxe rudimentaire, ces livres ne favorisent pas une maitrise enrichissante de la langue française". Pour ce qui est des "classiques" (Balzac, Zola, Hugo...), ils se contentent de résumés fournis par l'IA. La moitié des 12-19 ans ignore qu'il existe des écrivains vivants et des œuvres contemporaines... (Le Figaro).

Dans Le Parisien, des enseignants s'inquiètent des "élèves qui dorment en classe". Ces ados ne passent pas leur nuit à lire, mais à "scroller sur les réseaux sociaux". Un manque de sommeil auquel s'ajoute "une fatigue psychologique liée à une perte de sens des travaux scolaires". Une agrégée témoigne : "C'est au moins deux à trois jeunes par cours qui s'endorment". Certains estiment qu'il "faut enseigner le sommeil aux élèves, car c'est le 1er levier de réussite scolaire". À Dijon, deux établissements ont choisi de "démarrer les cours à 9 heures et non plus à 8 heures" (Le Parisien).

 

" Ah, vous autres, hommes faibles et merveilleux

Qui mettaient tant de grâce à vous retirer du jeu

Il faut qu'une main posée sur votre épaule

Vous pousse vers la vie, cette main tendre et légère..."


Stéphanie Mesnier-Angeli est journaliste (Canard Enchaîné), écrivain et romancière. 

Auteur entre autres de Barnabé - Le Roman d'un chat  (Librinova, 2021), Tueuses mais pas trop (Fayard, 2015).

Egalement co-auteur de livres politiques (avec Claude Angeli): Les Micros du Canard (Les Arènes, 2014), En basse campagne (Grasset, 2002), Chirac, père et fille (Grasset, 2000), Fort Chirac (Grasset, 1999), Sale Temps pour la République (Grasset, 1997), Le Nid de serpents: bataille pour l'Elysée 1993-1995 (Grasset, 1995), Notre allié Saddam (Orban, 1992).

Stéphanie Mesnier-Angeli est une contributrice du PRé et livre gracieusement cette Revue de presse depuis septembre 2024.

 

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