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UNE SINISTRE EPOQUE, par Stéphanie Mesnier-Angeli


La REVUE DE PRESSE de Stéphanie Mesnier-Angeli


     Sinistre anniversaire que celui de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, voilà 4 ans. Selon des analystes militaires, les pertes russes s'élèvent à 1,25M de tués, blessés et disparus. Et entre 500.000 et 600.000 côté ukrainien (CSIS). L'Opinion déchiquète la politique de «Trump l'arnaqueur, entre amateurisme et biais pro-russe ». Les Ukrainiens continuent de tenir. Ils ont besoin de notre soutien, clair et indéfectible.

 

   Karen Newton, citoyenne britannique de 65 ans sans casier judiciaire, a eu la mauvaise idée d'aller passer ses vacances aux États-Unis. Elle disposait un visa touristique valide, mais celui de son mari, Bill, a expiré durant leur séjour. Avant de comprendre ce qu'il leur arrivait, Karen et Bill, sujets de sa Gracieuse Majesté, ont été arrêtés par l'ICE, menottés, séparés, et retenus 6 semaines dans un centre miteux, sans avocat. Traumatisée, Karen alerte dans The Guardian« N'allez pas aux États-Unis ! »

 

 

   « La confusion règne sur le commerce mondial » (Financial Times). En invalidant «en partie » la politique tarifaire de Trump, la Cour suprême des États-Unis lui a infligé un camouflet, dont le président américain n'a que faire. Explications : six juges contre 3 (dont deux nommés par Donald, ce qui l'a rendu furieux) ont estimé qu'il n'aurait pas dû imposer des « droits de douane réciproques, de pays à pays », car le Congrès ne lui avait pas délégué le pouvoir (CNN). « De quoi potentiellement annuler les accords signés avec de nombreux pays, et ouvrir la voie à un remboursement d'une centaine de millions de dollars »

(Le Figaro). Mais même désavoué, « Trump persiste et signe » (Les Échos). Dans une conférence de presse lunaire, il a distingué « les bons juges qui aiment leur pays » des autres. Il a accusé la Cour d'être « influencée par des intérêts étrangers », et a décrété dans la foulée une « surtaxe mondiale de 15% ». Cette fois, il procèdera par décrets. Mais il lui faudra un vote d'approbation du Congrès, dans 5 mois (Politico).

 

   En France, après le meurtre de Quentin, la mise en cause de La Jeune garde et de LFI, « la pression peine à redescendre ». Mélenchon et ses troupes serrent les rangs autour du fiché S Raphaël Arnault. Sur BFM, Mathilde Panot a déclaré : « Je suis fière d'avoir Raphaël Arnault dans mon groupe. Il n'a rien à voir là-dedans. Raphaël Arnault sera réinvesti par LFI aux prochaines législatives s'il le souhaite ». Manuel Bompard, lui, a tenté de jouer finaud : « Comment la Jeune Garde pourrait-elle être responsable, puisqu'elle a été dissoute ? » (LCI). Quant à Mélenchon, il a balayé la mort de Quentin d'une pichenette : « Les gens ne peuvent pas croire que c’est nous, les Insoumis, qui avons tué un jeune dans la rue ». Dans La Tribune Dimanche, il estime qu'en 2027, on n'en parlera plus.

 

   La "gauche non mélenchoniste" renoncera-t-elle à des alliances avec LFI dans l’entre-deux-tours des municipales ? C'est plutôt non. Les Ecologistes ne peuvent se passer des Insoumis pour se maintenir à la tête de plusieurs villes, parmi lesquelles Strasbourg et Lyon. Pas question de « laisser certaines collectivités territoriales aux mains de la droite », a lancé sur Info la députée verte Léa Balage El Mariky. Pour Yannick Jadot, « pas question de diaboliser LFI en la mettant sur le même plan que le RN. C'est irresponsable et suicidaire » (LTD). Depuis Lille, le socialiste Olivier Faure a juré qu'il n’y avait « aucun endroit en France où il y a des accords entre le PS et LFI dans le cadre des municipales » (LCP). Loupé. Le JDD et Le Parisien relèvent plusieurs villes où ces accords existent (dont Maisons-Laffitte, dans les Yvelines). Sans oublier le compagnonnage PS-LFI sur des listes dirigées par d’autres forces de gauche. À Pau, LFI et PS négocient un accord « pour déloger François Bayrou ». Le porte-parole du PS, Arthur Delaporte évoque « des fusions au cas par cas ». Quant à Jérôme Guedj, bien qu'ayant qualifié Mélenchon de « salopard antisémite », il continuera de voter « LFI face au RN » (BFM).

 

   Au Louvre, des activistes du groupe "Everyone hate Elon" ont accroché une photo de l'ex-prince Andrew à sa sortie de garde à vue. Elle n'a été retirée qu'après  « une quinzaine de minutes » (Reuters). Une nouvelle occasion de montrer le sérieux de la sécurité dans le « plus grand musée du monde ».

 

   En Bref : En Iran, alors que la jeunesse, montrant un courage infini, manifeste de nouveau dans les rues, Trump amasse une énorme armada, reste muet sur ses intentions, et  « garde le doigt sur la détente » (Le Figaro) - Selon un sondage Ifop pour les municipales à Paris, Rachida Dati l'emporterait au second tour par 53% contre 47 pour Grégoire. Lequel, la larme à l'œil, se lâche dans le décor rose fluo du podcast de Sam Zirah au titre-programme : « Frère disparu, Trauma enfance, Lâché par Hidalgo, Dati en furie » - En Allemagne, des « groupes anti-sionistes d'extrême gauche » appellent à manifester contre le mémorial de Buchenwald, qu'ils accusent de « diffuser de la propagande israélienne » et de « déformer l'histoire » (i24 News) - Selon Le Parisien, 13 délégués CFDT qui ont dénoncé, dès 2018, des soupçons de surfacturation à Paris Habitat ont ensuite fait l'objet de sanctions, notamment pour « attitude agressive au niveau du ton". La CFDT a été le seul syndicat à agir - Montchalin nommée pour quelques dizaines d'années à la Cour des comptes, est remplacée à Bercy par David Amiel, qui libère donc son siège de ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’État - La marque sud-coréenne bibigo a mis au point les ScrollSticks, des baguettes dotées d’une pointe tactile pour "scroller" (faire défiler son écran) tout en mangeant. 96% des Américains utilisent leur smartphone à table - Un pic de douceur arrive sur la France, dû à une remontée d'air tropical. On attend 20°C à Paris, jusqu'à 25°C dans le sud.

Un air de Bossa Nova s'impose, avec le duo parisien des Papooz.


Stéphanie Mesnier-Angeli est journaliste (Canard Enchaîné), écrivain et romancière. 

Auteur entre autres de Barnabé - Le Roman d'un chat  (Librinova, 2021), Tueuses mais pas trop (Fayard, 2015).

Egalement co-auteur de livres politiques (avec Claude Angeli): Les Micros du Canard (Les Arènes, 2014), En basse campagne (Grasset, 2002), Chirac, père et fille (Grasset, 2000), Fort Chirac (Grasset, 1999), Sale Temps pour la République (Grasset, 1997), Le Nid de serpents: bataille pour l'Elysée 1993-1995 (Grasset, 1995), Notre allié Saddam (Orban, 1992).

Stéphanie Mesnier-Angeli est une contributrice du PRé et livre gracieusement cette Revue de presse depuis septembre 2024.

 

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