La REVUE DE PRESSE de Stéphanie Mesnier-Angeli
À l'issue de 48 heures de garde à vue, 7 individus suspectés d'avoir porté les coups mortels à Quentin Deranque ont été déférés devant un juge pour « homicide volontaire et violences aggravées ». Six sont derrière les barreaux, dont Jacques-Élie Favrot, assistant parlementaire de Raphaël Arnault (Le Progrès). Selon le rapport d'autopsie de la victime, ses assaillants ne lui ont « laissé aucune chance ». Deux suspects ont des antécédents, l'un pour trafic de stupéfiants, l'autre, Alexis C, pour une des « violences aggravées à caractère antisémite » dans le métro parisien. Avec 7 de ses camarades de la Jeune Garde, il avait brutalisé un jeune juif de 15 ans, le forçant à crier "Vive la Palestine" avant de diffuser ensuite l'enregistrement (Le Parisien).
Selon un sondage Odoxa/Le Figaro, le front anti-LFI est désormais supérieur au front anti-RN : 61% des sondés sont prêts à voter pour une liste n'ayant pas initialement leurs faveurs afin de faire barrage aux Insoumis. Chez les militants de gauche, c'est moins clair : 45% des socialistes rejettent LFI, et 31% des Verts. Enfin, 73% des sondés estiment que le meurtre de Quentin Deranque n'est pas un fait divers, mais un fait politique.
Dans Le Monde, la sociologue Isabelle Sommier affirme que « les violences politiques ont doublé depuis 10 ans ». Leurs auteurs « appartiennent à 60% à la droite radicale ». Mais si Marine Le Pen, depuis 2010, a tout fait pour s'éloigner de cette mouvance, LFI a fièrement revendiqué ses liens avec une Jeune garde ultra-violente, allant jusqu'à faire élire député son fondateur (Le Figaro). Et lors des bastonnades, la Jeune Garde est quasiment toujours en attaque. On est loin de l'autodéfense (Le Monde).
Depuis l'Inde, Macron a renvoyé dos à dos les extrêmes, et sèchement prié Giorgia Meloni, qui venait d'exprimer sa compassion pour le militant nationaliste tué, de se mêler de ses affaires et d'aller garder ses moutons.
Le meurtre de Quentin a des répercussions transalpines. Il Giornale explore « les connexions italiennes de Raphaël Arnault », et La Repubblica dénonce le « climat de haine idéologique croissant » en Europe. Pour le Corriere della Sera, le meurtre de Quentin « s’inscrit dans un climat politique de plus en plus violent et radicalisé en France », qui rappelle les sombres « années de plomb » qu'a connu l'Italie dans les années 1970.
Trump a présidé hier son 1er "Conseil de la paix". L'Europe a-t-il saisi l'occasion de cette guignolade pour montrer son unité et s'opposer aux délires trumpiens ? Pas du tout. Si la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne sont restés fermes sur leurs principes, la Hongrie et la Bulgarie étaient là, et 7 autres États membres de l’UE (dont Italie et Pologne) ont réclamé un statut d'observateur et envoyé des émissaires à Washington. Soit un tiers des Européens ! Et ce n'est pas tout. Sans mandat et contre l'avis de 6 États membres (dont la France), Bruxelles a envoyé un Commissaire européen à Washington pour y être représenté.
Dans son discours, Trump a affirmé que la Norvège avait invité son "Board of Peace à se réunir chez elle" (ce que les Norvégiens ont démenti), ajoutant : « J'ai cru qu'ils voulaient me donner le Nobel de la paix, mais non. Mais je ne veux plus de prix, je veux sauver des vies » (Euronews).
Les représentants palestiniens avaient été exclus par Trump de ce conseil inaugural (Arab News), consacré pourtant à Gaza : « La guerre à Gaza est terminée, même s'il y a encore des petites flammes. Si le Hamas ne rend pas ses armes, il sera sévèrement puni (...) On va investir chaque dollar pour créer une région harmonieuse », a-t-il déclaré. Or, depuis le cessez-le-feu en octobre, il y a eu 600 Palestiniens tués et 4 soldats israéliens. Et le chiffre avancé par le Hamas de 71.000 morts à Gaza depuis le début de la guerre aurait été reconnu « crédible » par Tsahal, selon Haaretz. La situation humanitaire s'est améliorée, mais demeure « précaire » (600 camions d'aide/jour). L'armée israélienne reste déployée dans une moitié de Gaza, le Hamas conserve son emprise et, loin de rendre les armes, il a "repris pied ». Et le pouvoir lui est désormais disputé par des milices palestiniennes anti-Hamas (Le Figaro).
« Le prince des ténèbres », titre Le Parisien à la Une avec une photo d'Andrew. Le 3e fils de feu la reine Elizabeth, corrompu jusqu'à la moelle, a passé son 66e anniversaire en garde à vue pour « faute dans l'exercice de ses fonctions officielles ». Il est soupçonné d'avoir filé à son ami Epstein des informations économiques confidentielles et autres « informations sensibles ». Une « nouvelle tâche sur la Couronne britannique », estime ABC (Espagne). "Le cygne noir fait trembler les Windsor » (La Stampa)
En Bref : La Cour des comptes regrette que le déficit français ne soit compensé que par des hausses d'impôts alors que les dépenses continuent à augmenter (Les Échos) - Trump se donne « 10 à 15 jours pour trouver un accord avant de frapper l'Iran » (Financial Times) - Suite aux pressions de Xi-Jinping, les ventes d'armes US à Taïwan sont « au point mort » (Tapai Times) - En ce début de Carême, le Pape Leon XIV invite à « ne pas se laisser abattre par les cendres d'un monde en flammes ». Facile à dire ! - Marcel Gauchet, philosophe et historien, estime que "LFI est une menace pour la démocratie » (LCI) - Que d'eau, que d'eau ! Un répit est prévu ce week-end, mais une nouvelle grosse dépression est attendue mardi dans l'ouest du pays - Pharell Williams vend aux enchères sa collection de bijoux, dont un collier en diamants jaunes de 112,7 carats, un bracelet manchette à sept rangs sertis de 57 carats de diamants, et un autre collier, avec 81 carats de diamants blancs. Sans oublier une montre, sertie de 300 diamants, et pas mal d'autres breloques. Une indigestion de diamants ! - Plus abordable, mais il faut avoir l'estomac solide, Heinz lance une glace au ketchup qui se déguste avec des frites.
José Van Dam, baryton-basse, est décédé à 85 ans. Dans Le Figaro, Christian Merlin lui rend un bel hommage : « Car s’il ne sacrifia jamais la beauté vocale et le respect de la partition à l’effet expressif ou au pathos, toutes les nuances de son chant n’étaient là que pour en souligner l’humanité. »
Stéphanie Mesnier-Angeli est journaliste (Canard Enchaîné), écrivain et romancière.
Auteur entre autres de Barnabé - Le Roman d'un chat (Librinova, 2021), Tueuses mais pas trop (Fayard, 2015).
Egalement co-auteur de livres politiques (avec Claude Angeli): Les Micros du Canard (Les Arènes, 2014), En basse campagne (Grasset, 2002), Chirac, père et fille (Grasset, 2000), Fort Chirac (Grasset, 1999), Sale Temps pour la République (Grasset, 1997), Le Nid de serpents: bataille pour l'Elysée 1993-1995 (Grasset, 1995), Notre allié Saddam (Orban, 1992).
Stéphanie Mesnier-Angeli est une contributrice du PRé et livre gracieusement cette Revue de presse depuis septembre 2024.
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