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Envie d'art et d'histoire pour le week-end ? Par Stéphanie Mesnier-Angeli


La REVUE DE PRESSE de Stéphanie Mesnier-Angeli


     La France occupe la 7e place de l'économie mondiale, mais notre niveau de vie (PIB/habitant) est inférieur à la moyenne de l'Union européenne. Comment expliquer ce paradoxe, et "pourquoi la France décroche" ? s'interroge Le Parisien. Selon le quotidien, notre dette colossale (+7€ par habitant et par jour) entretient le déni et nous demeurons sourds aux signaux d'alerte. "Notre modèle social moribond et qui semble irréformable est payé par les actifs ou les entreprises", ce qui "smicardise les salariés et prolétarise les classes moyennes". Car c'est sur elles que repose un système qui s'est déréglé en 1981, lorsque "Mitterrand a bougé simultanément 3 curseurs sur le temps de travail : la semaine passée de 40 à 39 heures, la 5e semaine de congés payés, la retraite à 60 ans". Or ça n'a pas fonctionné : les salaires ont stagné, les entreprises ont délocalisé, le chômage a augmenté. Et les classes moyennes ont morflé. "On est moins riches, moins bien éduqués et moins bien formés qu'on ne le pense", estime Antoine Foucher, auteur de "Sortir du travail qui ne paie plus". Le pays s'est reposé sur ses acquis. "La France en panne", titre La Tribune qui pleure sur la réindustrialisation qui ne vient pas. "La France ferme des usines", constatent Les Échos (180 l'an dernier). "Tôt ou tard, au pied du mur, nous serons contraints de faire les réformes qu'ont réalisées les pays du Sud et dont ils récoltent aujourd'hui les fruits".
Pour Martial You, journaliste économique à RTL, les Français ne sont pas prêts à faire des efforts. Ils préfèrent accuser les riches ou les étrangers. La dette est le 1er poste de dépenses de l'État, qui dépense 100Mds€ pour le seul remboursement des intérêts. Le Bac n'a plus de valeur, le travail ne paie plus. "En 2027, il faudra dresser le constat de cette faillite, proposer des solutions. Ou accélérer la chute" (Le Parisien).
   Sans peur du ridicule, gonflés de prétention comme des pop-corn passés à la poêle, les prétendants se bousculent pour 2027. À gauche, Jérôme Guedj a rejoint le long cortège des Faure, Glucksmann, Hollande, Ruffin, Tondelier, Autain, Batho, Roussel, et même Duflot qui se sent "les épaules pour ce poste". Au centre : Édouard Philippe, Attal, Darmanin, Braun-Pivet (si,si), Aurore Bergé et Bruno Le Maire qui n'a pas "renoncé". À droite : Xavier Bertrand, David Lisnard, Barnier, Wauquiez seront bientôt rejoints par Retailleau, sans oublier Zemmou-Knafo (au choix) et Villepin.
"En revanche, souligne Le Figaro, au RN ou à LFI, militants et électeurs seront derrière un seul : Le Pen ou Bardella (suivant le jugement en appel), et Mélenchon. Une tête, une ligne, et une ambition qui est la même pour tous : le pouvoir
Aujourd'hui, s'ouvrent à Milan et à Cortina, la XXVe édition des JO d'hiver. Les premiers eurent lieu en 1924, à Chamonix. Ils sont devenus un des événements sportifs les plus suivis dans le monde, alors que la plupart des disciplines sont des sports de niche (et de riches...). Milan-Cortina proposera par exemple, pour la 1re fois, des épreuves de ski-alpinisme.
Ces JO coûteront 5,2Mds€ et ne sont pas sans répercussions sur l'environnement. Le quotidien Domani fulmine contre le choix de Cortina d’Ampezzo, au pied des Dolomites, dont l'écosystème est fragile. Quant aux polémiques qui agitent ces JO, elles vont de la présence d'agents de l'ICE à celle des gardiens de la Révolution qui escorteront les sportifs iraniens, en passant par les personnalités qui ont porté la flamme olympique et dont les liens avec le monde du sport sont parfois nébuleux. L'entreprise qui servira les repas n'est pas italienne, mais slovène (mamma mia !), le prix des billets de bus a flambé, et des athlètes russes et biélorusses font discrètement leur retour, "sous bannière neutre" (RFI).
Madame Figaro distingue "les plus belles tenues pour les JO". La palme revient à la Mongolie, avec des vêtements inspirés du grand Empire mongol, en cachemire local, soie et broderies traditionnelles (Goyol Cashmere). Suivent les Canadiens en grosses doudounes parées d’une feuille d’érable ou de cartes topographiques et pantalons molletonnés (Lululemon). La "team USA" est une déclinaison de bleu-blanc-rouge signée Ralph Lauren qui "raconte l'histoire de l'Amérique". Les Français, eux, seront habillés par Le Coq sportif "dans des tons pastel, presque glacés". L’Italie, le Brésil et l’Islande seront "blancs comme neige".
   Avant d'entamer les "En Bref", j'aimerais vous faire partager mon dilemme de ce matin. Dans mon souci de ne faire ni trop long (ni trop assommant), je suis contrainte à des choix. Ce matin, par exemple, j'ai hésité entre les JO de Milan, très présents dans la presse, et une info du Figaro. Lors d'une commission parlementaire sur l'entrisme islamiste, les représentants des services de renseignement français (intérieur et extérieur) ont sonné une fois de plus l'alerte : "Les Frères musulmans veulent faire évoluer la France vers une société où s'appliquerait la chara et les normes fondamentalistes en profitant du cadre démocratique libéral français". Voilà qui fait réfléchir : la démocratie est-elle faible vis-à-vis de ses ennemis ?... Bref, j'ai choisi les JO. Pour changer, et parce qu'on est vendredi. Mais je suis un peu mal à l'aise, car ça me semble une facilité.
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En Bref : Selon les Britanniques, la Chine finance désormais 60% de la guerre de Poutine en Ukraine (The Telegraph) - Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe, est convoqué par le ministère des Affaires étrangères (son ministère de tutelle) pour "s’expliquer" sur les liens avec le sulfureux Jeffrey Epstein (Politico). Démission ! - Outre-Manche, c’est autour du PM Keir Starmer que l’étau se resserre. L'opposition réclame sa tête pour avoir nommé Peter Mandelson ambassadeur à Washington, en février dernier, alors qu'il connaissait ses liens avec Epstein - L'Iran et les États-Unis poursuivent leurs discussions à Oman sur le programme nucléaire iranien, mais cela ne s'annonce pas très bien (Arab News) - Environ 200.000 emplois supplémentaires seront nécessaires en 2050 pour aider les personnes âgées en perte d’autonomie (Dree) - "Onde de choc à France Inter" : sa patronne, Adèle Van Reeth sera remplacée dès mars par Céline Pigalle (Libé) - Très curieux slogan d'Édouard Philippe en campagne au Havre : "Quand je vous disais que mes tripes avaient un goût d'eau salée !"... Il nous avait parlé de ses tripes ?
Envie d'art et d'histoire pour le week-end ? De Lens à Marseille en passant par Dijon, le magazine Beaux Arts a recensé 10 musées gratuits à fréquenter sans modération.
"Jusqu'à l'aube", l'hymne officiel des JO de Milan 2026

 

Et encore :


Stéphanie Mesnier-Angeli est journaliste (Canard Enchaîné), écrivain et romancière. 

Auteur entre autres de Barnabé - Le Roman d'un chat  (Librinova, 2021), Tueuses mais pas trop (Fayard, 2015).

Egalement co-auteur de livres politiques (avec Claude Angeli): Les Micros du Canard (Les Arènes, 2014), En basse campagne (Grasset, 2002), Chirac, père et fille (Grasset, 2000), Fort Chirac (Grasset, 1999), Sale Temps pour la République (Grasset, 1997), Le Nid de serpents: bataille pour l'Elysée 1993-1995 (Grasset, 1995), Notre allié Saddam (Orban, 1992).

Stéphanie Mesnier-Angeli est une contributrice du PRé et livre gracieusement cette Revue de presse depuis septembre 2024.

 

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