La REVUE DE PRESSE de Stéphanie Mesnier-Angeli
« Si les hommes font moins de conneries en février, c'est parce qu'ils n'ont que vingt-huit jours » – Pierre Desproges.
Ça y'est, on touche à la fin du long et pénible feuilleton budgétaire. Lecornu l'aurait fait adopter grâce à trois 49.3 (qu'il s'était engagé à ne pas utiliser), et aux "cadeaux" faits aux socialistes. Notamment la suspension de la réforme des retraites jusqu'en 2027, qui coûtera aux comptes sociaux 2,2Mds€, avec un déficit annoncé de 15Mds€ en 2035 (alors que les comptes de la Sécu sont déjà dans l'écarlate, avec 23Mds€ de déficit l'an dernier). Sans oublier le reste, soit un déficit de 19,4Mds du budget cette année, qui porte le "déficit tendanciel" (si l'on suit la trajectoire actuelle) à 28,7Mds€ (La Tribune).
Mais la bataille du budget n'est rien à côté de celle que se sont livrée les députés pour arracher les meilleures places à la buvette. Dans Le Figaro, un socialiste assoiffé livre un témoignage poignant : "Les élus du RN, dont la sortie la plus proche dans l’Hémicycle mène directement à la buvette de l’Assemblée, ont l’habitude de sortir rapidement à la fin des séances et de réserver toutes les places. On ne peut jamais s’asseoir !" Dans un plan digne de Napoléon au matin d'Austerlitz, les socialistes ont alors eu la brillante idée d'envoyer "des éclaireurs pour réserver des tables" à l'avance, les prenant toutes pour obliger les RN à boire debout.
Présentant parfois des listes concurrentes pour les municipales, socialistes et Insoumis discutent en secret d'alliances au second tour. Dans Le Parisien, le bras droit d'Olivier Faure le reconnait : "Peut-être, dans certains endroits..." C'est le cas à Marseille "et dans d'autres villes". Un élu de gauche confie : "Il faut arrêter de dire qu'on ne fera pas de fusion. Attendre l'entre-deux-tours pour l'annoncer, c'est risqué". C'est surtout mensonger.
À Paris, à l'approche des municipales, "les SDF sont chassés des rues" pour faire plus propre. Les associations dénoncent "une pression de plus en plus forte" (Le Parisien).
Le milliardaire Peter Thiel, fondateur de PayPal et proche de J. D. Vance, a été invité par Chantal Delsol à s'exprimer sous la Coupole, à l’Académie des sciences morales et politiques. À entendre ce "théologien de la Tech", le monde est confronté à deux menaces "existentielles : l’Antéchrist et l’Armageddon". C'est surtout l'Antéchrist qui turlupine Peter Thiel, certain que l'on approche de "la fin des temps". Au-delà d'un discours religieux halluciné, il a évoqué l'IA et le "progrès que l'on freine", ainsi que la Troisième Guerre mondiale qui nous pend au nez. À la sortie de cette conférence, Delsol, visage fermé, a refusé de commenter (Le Point, Huff Post). Mais pour sa collègue académicienne Claudine Tiercelin, inviter ce néoréactionnaire était "une faute" (Nouvel Obs).
Autre discours d'un autre Peter, cette fois dans Le Figaro, celui du philosophe Peter Boghossian, venu en France pour "observer les effets de l’immigration islamique" : "Beaucoup d'Américains pensent que la France aura disparu d'ici à la fin du siècle", dit-il. Et il évoque "l'épistémologie de rue", une méthode non pour convaincre, mais pour aider les gens à "clarifier leurs idées". Il explique : "Beaucoup de gens ne sont pas honnêtes. Et sans honnêteté, on ne résout rien. Le sondeur François Kraus (Ifop) a publié une étude très détaillée montrant une réislamisation des jeunes générations issues de l’immigration. Il a été menacé pour cela (...) Ça montre qu'il est difficile d’aborder certains sujets publiquement." Selon Boghossian, les Européens "refusent de voir la vérité en face" et nient les "implications démographiques et sociales de l'immigration". Gad Saad, un universitaire canadien, qualifie ce phénomène d'"empathie suicidaire". La France accueille 800.000 migrants illégaux, ce qui, selon Boghossian, aura des effets sur l'avenir du pays. "C'est complètement fou. C'est un suicide culturel", dit-il.
Autre sujet évoqué : le départ des juifs d'Europe. "Si l'on constatait que des Noirs fuient le pays parce que discriminés, tout le monde y verrait un problème. Pourquoi ce n'est pas le cas ici ? Cela dit quelque chose d'une société, de ses tensions, de ses dénis" (Le Figaro).
En bref : Xi Jinping se livre à de grandes purges, notamment dans l'armée. Il a limogé le général Zhang Youxia. Surnommé "Gros rat" par le Quotidien du Peuple, le général est accusé d'avoir "dévoré le budget militaire", causant de "graves dommages à l'Armée populaire de libération" - "Accrocs à leurs téléphones, incapables de se concentrer longtemps, les étudiants en cinéma n'arrivent plus à regarder un film jusqu'au bout", s'alarment des enseignants américains (The Atlantic). Idem quand il s'agit de lire un livre. Et le phénomène n'est bien sûr pas limité aux États-Unis - Chroniqueur sur CNews et Europe 1, Philippe de Villiers a enfin critiqué le maintien à l'antenne de Jean-Marc Morandini, délinquant sexuel condamné (JDD). Sonia Mabrouk, elle, souhaite carrément "quitter le groupe" - En Floride, le responsable de la Santé publique a annoncé la fin de toutes les obligations vaccinales (Florida Voice). L'Europe serait bien inspirée d'exiger que les Américains qui viennent chez nous aient leur carnet de santé à jour... - En Iran, l'ayatollah Khamenei affirme que "toute attaque des USA déclenchera une guerre régionale" (Tehran Times). Ce week-end, des drapeaux iraniens ont flotté lors d'une importante manifestation pro-palestinienne à Londres, avec des slogans "Khamenei rend-nous fiers" (i24News) - À Rome, la polémique enfle après la restauration d’une fresque de la basilique de San Lorenzo : un chérubin a pris le visage de la PM Giorgia Meloni (AFP) - Un chauffeur de poids lourd flashé en Allemagne pour un excès de vitesse de +6Km/h, va recevoir une amende supplémentaire pour avoir laissé son chat se promener sur son tableau de bord (20 Minutes).
Commencer la semaine avec un "Sultans of swing" tendance gipsy.
Stéphanie Mesnier-Angeli est journaliste (Canard Enchaîné), écrivain et romancière.
Auteur entre autres de Barnabé - Le Roman d'un chat (Librinova, 2021), Tueuses mais pas trop (Fayard, 2015).
Egalement co-auteur de livres politiques (avec Claude Angeli): Les Micros du Canard (Les Arènes, 2014), En basse campagne (Grasset, 2002), Chirac, père et fille (Grasset, 2000), Fort Chirac (Grasset, 1999), Sale Temps pour la République (Grasset, 1997), Le Nid de serpents: bataille pour l'Elysée 1993-1995 (Grasset, 1995), Notre allié Saddam (Orban, 1992).
Stéphanie Mesnier-Angeli est une contributrice du PRé et livre gracieusement cette Revue de presse depuis septembre 2024.
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