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ET C'EST REPARTI, Par Stéphanie Mesnier-Angeli


La REVUE DE PRESSE de Stéphanie Mesnier-Angeli


     Et c'est reparti pour une nouvelle semaine d'infos, servies avec le café.

 

   Grâce au Wall Street Journal, qui a analysé les vidéos image par image, l'on connait les circonstances exactes de la mort, samedi, à Minneapolis, d'Alex Pretti. Et elles contredisent les déclarations de Trump et de ses proches.

L'infirmier de 37 ans a été abattu de 10 balles par un agent de la police des frontières (Border Patrol), alors qu'il était désarmé et plaqué au sol. Il portait une arme, mais il ne l'avait pas sortie et on la lui avait retirée. Il s'agit donc d'un meurtre, pur et simple.

L'émotion est considérable, l'onde de choc se fait sentir au-delà des frontières, et l'on assiste peut-être à un tournant majeur de la présidence Trump.

Le chef de la police des frontières a prétendu que l'infirmier voulait « massacrer les forces de l'ordre », la secrétaire à la Sécurité intérieure, qu'il avait « attaqué des gens », et le procureur général de Los Angeles a estimé « légalement justifié de tirer sur un homme s'approchant avec une arme à feu ». Or Alex Pretti n'avait pas sorti son arme. En colère, les lobbies pro-armes sont montés au créneau :   « Depuis quand la possession légale et déclarée d'une arme à feu, que l'on ne sort pas, peut-elle justifier un meurtre par les forces de l'ordre fédérales ? » Des républicains se sont émus, Clinton et Obama sont même sortis de leur silence : « Les fondements démocratiques de la nation sont de plus en plus menacés » (Libération).

Car le meurtre d'Alex Pretti s'ajoute à la liste des entailles aux fondements juridiques et moraux de la démocratie américaine. « De quel côté voulez-vous être ? », a demandé le gouverneur du Minnesota, Tim Walz. « Du côté d’un gouvernement fédéral tout-puissant qui peut tuer, blesser, menacer et kidnapper ses citoyens dans la rue, ou du côté d’un infirmier de l’hôpital des anciens combattants, qui est mort en témoignant contre un tel gouvernement ? »

 

Le 23 janvier, l'arrestation du petit Liam, 5 ans, par la police de l'immigration (ICE) a beaucoup choqué. Et les perquisitions de domiciles sans mandat judiciaire se multiplient, en violation du 4e amendement.

Les Américains laisseront-ils Trump faire basculer leur pays dans un nouveau régime ? Une partie de la population approuve cette violence d'État contre les immigrants sans papiers, et même 81% des électeurs républicains, selon un récent sondage Siena pour le NY Times. Mais le rejet des méthodes brutales de l'ICE (police de l'immigration) est majoritaire dans l'ensemble de la population (61% dans le Siena/NYT)

 

   En France aussi, les méthodes de l'ICE ont leur soutien. Sur CNews, Arno Klarsfeld a incité à «faire comme Trump" et souhaité que l'on « organise des grandes rafles un peu partout contre les asociaux étrangers qui sont OQTF, même si on commet des injustices…»

 

 Ce mot «rafles »... j'en frissonne.

Mais Klarsfeld est loin de refléter l'opinion générale. Selon Le Figaro« la répulsion des Français envers Trump, sa vulgarité, sa brutalité, sa cupidité, ses propos abjects sur les soldats français morts en Afghanistan » ne cesse d'augmenter. Un sondage Elabe montre que 8 Français sur 10 rejettent celui qu'ils voient comme « une menace pour la paix ».

Zemmour, Knafo, Le Pen et Bardella tentent de faire oublier leur soutien enthousiaste à Trump et à son entourage. L'extrême droite se fait discrète sur le sujet, loue le  « patriotisme de Trump », tout en se jurant « inquiète des menaces sur la souveraineté des États »

 

 (La Croix).

 

   Professeur de psychiatrie à l’université McGill, à Montréal, Rob Whitley alerte dans Le Figaro sur « la santé mentale des hommes, véritable angle mort dans nos sociétés ». En France, « le taux de suicide des hommes est 3,7 fois supérieur à celui des femmes. Les hommes représentent 75% des personnes atteintes de toxicomanie. Ils souffrent davantage d’isolement social, surtout dans les zones rurales »et ne sont pas aidés. L'accent est mis sur le soutien aux femmes (associations, aide juridique, ministère, etc.), mais il n'existe pas pour les hommes, qui doivent, en prime, faire face aux accusations de « masculinité toxique » portées par des Alice Coffin («On n'a pas besoin des hommes ») et autres Sandrine Rousseau (« Le barbecue est une activité virile et néfaste »). Pour Rob Whitley, l'injonction faite aux hommes de «devenir plus sensibles ou plus féminins est très néfaste et crée des tensions » (Le Figaro).

 

   Les élections municipales approchent. Ce soir, sur BFM, Rachida Dati, ministre de la Culture et candidate LR à Paris, sera  « Face aux Français » sur BFM. Selon Le Monde, sa campagne « marque le pas ». Elle est donnée à 28%, juste derrière Emmanuel Grégoire, le dauphin d'Hidalgo, qui promet « 60% de logements sociaux » dans la capitale. Pierre-Yves Bournazel (Horizons, soutenu par Renaissance) est crédité de 14% des intentions de vote, en dépit d'une absence de charisme doublée d'une absence de programme. Dans les scénarios de second tour, Dati est à égalité ou devancée par son rival socialiste, sauf dans l’hypothèse d’une triangulaire avec l’Insoumise Sophia Chikirou qui lui accorderait la victoire (Ifop/Le Parisien). Bref, « c'est pas gagné pour Rachida », s'inquiète un proche dans Politico. Il craint que Knafo (Reconquête) ne l'ait «ringardisée ». Les prochaines semaines s'annoncent saignantes.

 

   En Bref : Trump a annoncé l'envoi en Iran, « au cas où », d'une « armada" (porte-avions, destroyers et avions de chasse) - Pour l'heure, à l'Assemblée, 92 députés mènent une liste pour les municipales (en hausse vs 2020) - Polémique après un reportage de France Culture« Comment faire ses 5 prières quotidiennes lorsqu'on est salarié musulman ? » où le droit du travail est présenté comme oppresseur et la laïcité un alibi - François Ruffin veut un  « Puy du Fou de gauche » pour défendre sa conception de l'histoire - Le maintien de Jean-Marc Morandini, pédophile définitivement condamné, sur l'antenne de Cnews, crée une certaine gêne au sein de la chaîne. Si Christine Kelly n'a pas eu d'état d'âme pour se rendre sur le plateau de Morandini le 23 janvier, Sonia Mabrouk, Pascal Praud et Laurence Ferrari expriment de vives réserves (Marianne) - Les députés se prononcent aujourd'hui sur l'interdiction des Réseaux sociaux aux moins de 15 ans, texte soutenu par Macron - Selon une enquête hongroise, les chiens apprennent de nouveaux mots (des centaines) en écoutant nos conversations.

Robbie Williams est de retour.


Stéphanie Mesnier-Angeli est journaliste (Canard Enchaîné), écrivain et romancière. 

Auteur entre autres de Barnabé - Le Roman d'un chat  (Librinova, 2021), Tueuses mais pas trop (Fayard, 2015).

Egalement co-auteur de livres politiques (avec Claude Angeli): Les Micros du Canard (Les Arènes, 2014), En basse campagne (Grasset, 2002), Chirac, père et fille (Grasset, 2000), Fort Chirac (Grasset, 1999), Sale Temps pour la République (Grasset, 1997), Le Nid de serpents: bataille pour l'Elysée 1993-1995 (Grasset, 1995), Notre allié Saddam (Orban, 1992).

Stéphanie Mesnier-Angeli est une contributrice du PRé et livre gracieusement cette Revue de presse depuis septembre 2024.

 

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Commentaires: 1
  • #1

    Laetitia OUDIN (lundi, 26 janvier 2026 16:54)

    Merci beaucoup pour cette revue de presse que vous partagez sur votre site pour ceux qui n'ont pas facebook.