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DU GAZ DANS LA VODKA, Par Stéphanie Mesnier-Angeli


La REVUE DE PRESSE de Stéphanie Mesnier-Angeli


     Heureuse de vous retrouver ! Et très bonne année à tous ! Celle-ci commence par la phrase d'Audiard, prononcée avec l'accent de Caracas :  « Quand les types de 130 kg disent certaines choses, ceux de 60 kg les écoutent ».

 

   « Un dictateur a été déchu, au mépris du droit international. Faut-il se réjouir ou s'indigner ? » questionne l'Opinion. Alors que Jean-Noël Barrot (min. des AE) a dénoncé sur X une « opération militaire contrevenant au principe de non-recours à la force qui fonde le droit international », Emmanuel Macron, lui, n'a pas dit un mot de la violation de la souveraineté d’un État par Washington, se bornant à évoquer préférant «la transition à venir » qui doit «être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien ». Une réaction qui a tant plu à Trump qu'il l'a repostée sur son réseau Truth Social. Quant à l'Union européenne, elle a réagi mollement, appelant à «la retenue » (Le Monde).

Accusé et recherché pour trafic de drogue, Nicolas Maduro a ruiné son pays, divisé par 5 la richesse nationale, emprisonné et tué des milliers de personnes, détourné des milliards et fait fuir un quart de la population du Venezuela (Le Point). Et c'est une action clandestine américaine qui a mis fin à son règne, et du même coup, à l'ordre mondial international hérité de 1945.

L'opération "Absolute Resolve", préparée depuis des mois par l'US Army et la CIA est un succès retentissant. «Un chef-d'œuvre » (l'Opinion) réalisé par la Force Delta, une unité d'élite pour laquelle aucune mission n'est impossible. Des mois de préparation, deux heures et demie d'exécution (Poutine, qui galère à prendre l'Ukraine depuis 4 ans, a l'air d'un amateur). Maduro et sa femme ont été surpris dans l'une des résidences où ils dormaient, exfiltrés par hélicoptère, puis transportés jusqu'à New York où Maduro est incarcéré. Trump a suivi toute l'opération grâce à une caméra embarquée : «C'était comme si je regardais une émission de télévision », a-t-il lâché, admiratif.

Les États-Unis prendront «provisoirement » les commandes du Vénézuéla, et cette spectaculaire démonstration de force a provoqué une «onde de choc mondiale » (Le Figaro). Les États-Unis affirment leur prééminence sur tout le continent américain, et ils ne comptent pas s'arrêter là. Le secrétaire d'État Marco Rubio a déclaré avoir Cuba dans son viseur, et Trump a répété : «Nous avons besoin du Groenland pour notre sécurité nationale. L'Union européenne sait qu'il faut que nous le possédions ».

Mieux vaudrait prendre l'Oncle Sam au sérieux. Mais qui ira se battre pour le Groenland ? Pour Trump, seuls prévalent la loi du plus fort et ses intérêts économiques. Prédateur anti-écologiste, il compte récupérer la manne pétrolière du Vénézuéla, mettre la main sur les terres rares d'Ukraine, les minerais du Groenland, et commercer avec Poutine.

 

   Après le dictateur syrien Bachar, Poutine perd avec Maduro un autre allié. Et prend une sacrée gifle. Car c'est Moscou qui a massivement équipé l'armée vénézuélienne. Une défense antiaérienne dont les Américains ont fait du petit bois. Et Trump n'a pas pris la peine d'avertir le Kremlin de ses intentions. En prime, il a déclaré ne plus croire à un bombardement par l'Ukraine d'une des résidences de Poutine. «Quand j'en ai parlé, je ne savais pas. Maintenant, je sais qu'il n'y a rien eu. Ou alors à côté ». Et il a ajouté : «je ne suis pas ravi de ce que Poutine fait en Ukraine. Il tue trop de monde » (CNN). Y aurait-il du gaz dans la vodka ?

 

   Autres alliés de Moscou qui commencent mal l'année 2026 : les mollahs iraniens. La presse en parle peu, mais la vague de colère, déclenchée voilà huit jours par les commerçants du Bazar de Téhéran (pourtant des soutiens habituels du régime) ne faiblit pas. La protestation contre la vie chère s'est muée en une contestation profonde du régime islamique. Nombre d'étudiants et de femmes se sont joints aux manifestations. La répression est féroce. La police tire à balles réelles et des arrestations ont lieu par centaines. Autant de vies sacrifiées sur l'autel de la liberté. Mais qui s'en soucie ? «En Iran, l'homme et la femme invisible existent », écrit Kamel Daoud (Le Point). « Le rêve démocratique est payé au prix du courage et de la vie », mais en Europe, cela mobilise peu. «Aucune possibilité d’exhiber sa haine sous un keffieh, la solidarité se fait rare. La révolte iranienne est un démenti adressé à ceux qui s’accommodent d’alliances avec des courants euro-islamistes au nom de la contrition occidentale » (Kamel Daoud).

Le PM Netanyahou a exprimé le «soutien d'Israël » au mouvement de contestation (i24) et Trump a promis «une réponse sévère » si les violences contre les manifestants se poursuivaient.

 

   En Bref : la France commence l'année sans budget - Les éleveurs sont toujours en colère. Un nouveau foyer de dermatose bovine a été découvert en Ariège malgré une vaccination préalable du troupeau, ce qui montre que le virus circule toujours (Centre Presse Aveyron) - Certains médecins libéraux sont en grève dès aujourd'hui, «consultations et opérations programmées ne seront plus assurées jusqu'au 15 janvier » (Le Figaro) - Les demandeurs d'asile sont toujours aussi nombreux : 150.000 en 2025, autant que l'an dernier - Le propriétaire d'une chaîne de restaurants de sushis a payé 2,8M€ un thon rouge géant (243 kg) lors des enchères du Nouvel An à Tokyo - Le Royaume-Uni prive la malbouffe de publicité à la télévision et sur internet pour lutter contre l'obésité - Une habitante du Maine-et-Loire a trouvé une perle dans son huître à Noël (je n'ai pas dû en manger assez) - Bonnet, écharpe et gants obligatoires : il fait froid, et 23 sont départements placés en vigilance orange neige-verglas

Sur un poème d’Andrea Gibson, Sara Bareilles et Brandi Carlile chantent la vie, l'amour, le courage.


Stéphanie Mesnier-Angeli est journaliste (Canard Enchaîné), écrivain et romancière. 

Auteur entre autres de Barnabé - Le Roman d'un chat  (Librinova, 2021), Tueuses mais pas trop (Fayard, 2015).

Egalement co-auteur de livres politiques (avec Claude Angeli): Les Micros du Canard (Les Arènes, 2014), En basse campagne (Grasset, 2002), Chirac, père et fille (Grasset, 2000), Fort Chirac (Grasset, 1999), Sale Temps pour la République (Grasset, 1997), Le Nid de serpents: bataille pour l'Elysée 1993-1995 (Grasset, 1995), Notre allié Saddam (Orban, 1992).

Stéphanie Mesnier-Angeli est une contributrice du PRé et livre gracieusement cette Revue de presse depuis septembre 2024.

 

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