"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Et du pied gauche, ça porte bonheur", a dit Jacques Chirac qui le tenait
pour un traître. Qu'aurait-il pensé des dernières déclarations de son successeur, favorable désormais à une "union des droites" ?
"À droite, face au rouleau compresseur du RN, les digues sautent les unes après les autres", titre Le Monde. La convergence entre Les
Républicains et l’extrême droite est de plus en plus visible.
La dernière fois qu'il y a eu une "union des droites", c'est sous Pétain. Depuis la Libération, la droite (gaulliste ou démocrate-chrétienne) et l'extrême droite ont fait route à part.
Le verrou posé par Chirac en 1988 a toujours résisté. Jusqu'aux coups de boutoir, ces dernières années, de Zemmour, Wauquiez, Ciotti, et maintenant Sarkozy.
Le Figaro consacre une pleine page à son Journal d'un prisonnier. Sarko l'innocent a souffert et ça se voit. En 20 jours, "les rides
sont plus marquées, le visage est plus pensif, et la silhouette plus légère. Le costume anthracite et les cheveux argentés lui donnent l’élégance d’un clergyman". Il a changé (vous vous
souvenez ? "J'ai changé" ? Eh bien, rebelote). Sarko a prié à genoux dans sa cellule : "Heureux si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre
vous..." Libéré, il est allé à Lourdes avec Carla, "rejoindre les fracassés de la vie". Sarko a plongé dans une piscine à 12 degrés, il a assisté à la messe et on l'a "beaucoup
applaudi". Il n'a pas vu la Vierge, mais il a reçu une révélation : Macron est un "Ponce-Pilate qui a détourné le regard", mais Marine Le Pen est touchée par la grâce. Sarko sent
souffler "l'esprit de rassemblement, le plus large possible, sans anathème et sans exclusive".
Le Parisien, lui, consacre une page à Iyad Akari, qui a passé 4 ans dans "l'enfer des prisons" du régime d'Assad, en Syrie, et
"tente de se reconstruire". Après son arrestation, il a littéralement disparu, comme tant d'autres, sans que sa famille ne sache rien de lui. "En prison, j'étais à peine un
chiffre", dit-il : le n°4 de la cellule 8... Iyad Akari raconte les tortures : suspendu tête en bas durant des heures, les parties génitales électrocutées, les injections de produits qui
font gonfler, la faim... Il veut tourner un film pour témoigner. Bachar al Assad, réfugié avec sa femme et ses millions chez son ami Poutine, à Moscou, "hante encore la Syrie". Ses
partisans font profil bas, ses portraits ornent les paillassons, les associations de droits de l'homme rassemblent des preuves pour un éventuel procès. Mais Poutine "le tient à l'abri d'un
tribunal" (Le Parisien).
Donald Trump a publié sa "vision de la sécurité stratégique pour les États-Unis". Et sans surprise, sa façon de voir le monde est très proche de celle de Poutine. Les
Américains jugent que l’Europe risque un "effacement civilisationnel", à cause de sa politique migratoire, de sa "perte d'identité" et de la "censure de la liberté
d'expression".
En la matière, les États-Unis montrent-ils l'exemple ? Pas vraiment. Le site de la Maison-Blanche affiche une liste des "media offenders" recensant les journaux et les journalistes
accusés de fake news et de partialité envers Trump. Aucun des médias pointés n'appartient bien sûr à la sphère MAGA. Voilà ce qu'est un "label" décerné par le pouvoir en place. Il y a les bons
médias, qui serinent la vérité officielle, et les mauvais médias, qui déplaisent. Et ça, c'est tout le contraire de la défense de la liberté d'expression.
La Commission européenne a condamné vendredi le réseau X (Twitter) à 120M€ d’amende pour avoir enfreint le DSA, la loi européenne créée pour réguler les géants du numérique et
empêcher la désinformation. Cette somme (4% du chiffre d'affaires du groupe) est dérisoire eu égard à la fortune de son propriétaire, Elon Musk. Mais la limite maximale est plafonnée
(New York Times).
Sanctionné par Bruxelles, Musk a aussitôt réclamé l'abolition de l'Union européenne, provoquant l'enthousiasme des Russes, Dmitry Medvedev en tête, et des pseudo-patriotes français façon
Philippot.
Après le vol des joyaux de la Couronne et les plafonds qui s'effondrent, une fuite d'eau dans la salle de la bibliothèque des Antiquités égyptiennes a endommagé des centaines de
livres rares et de papyrus, certains vieux de 4.000 ans. Des agents avaient pourtant alerté, mais "rien n'a été fait pour éviter cette catastrophe" (RTL). On va continuer de laisser pourrir le plus grand musée du monde ?
Demain, s'ouvrira le procès de Léïla, 42 ans, Algérienne sous OQTF, accusée d'avoir voulu empoisonner la famille juive pour laquelle elle travaillait. Elle a avoué avoir voulu
"leur faire ressentir des douleurs, mais pas au point de les tuer". Et puis quoi, ils sont juifs, "ils sont l'argent, le pouvoir (...) ils auraient pu m'en donner plus". La
qualification aggravante d'antisémitisme n'a pourtant été retenue qu'au moment de l'ordonnance de renvoi, contre l'avis du parquet qui l'avait écartée" (Le
Parisien). C'est à se demander si la lutte contre l'antisémitisme est vraiment grande cause nationale.
En Bref : Semaine décisive pour le budget de la Sécu, le vote s'annonce très serré. En cas de rejet, Lecornu compte rester en place, le RN et LFI réclameront sa démission - "En
prison, Sarkozy n'a pas pu faire de footing, il a dû faire ses cours sur un tapis, c'est épouvantable" (Geoffroy Lejeune, JDD). Poignant, en
effet - "Je suis déçu, Zelensky n'a même pas lu mon accord de paix. La Russie, elle, l'a trouvé très bien", Trump le clown (Fox News) -
L'avez-vous testé ? L'"Invisible day" est un concept à la mode. Il s'agit de disparaitre volontairement durant 24 heures pour recharger ses batteries (Vogue) - Idéale pour les fêtes de fin d'année, la robe asymétrique (une épaule nue, un genou découvert...). Avec les bottes-tongs, ça peut le faire. Et pour la
manucure, les code-barres sur les ongles font fureur (Elle) - Décès du Britannique Martin Parr, immense photographe dont le talent coloré ne manquait
ni de tendresse ni de malice. C'est aussi lui qui a réalisé ce clip pour les Pet Shop Boys, qui tient du film documentaire.
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