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L'EMPIRE DU MAL, Par Stéphanie Mesnier-Angeli


La REVUE DE PRESSE de Stéphanie Mesnier-Angeli


     On pense avoir tout lu en termes d'horreur, eh bien non.

Entre 1992 et 1995, des riches "touristes" européens (Français, Allemands, Belges, Britanniques) ont participé à des « safaris humains » organisés par l'armée serbe, pour le plaisir de tirer sur des civils durant le siège de Sarajevo. Une enquête a été ouverte par le Parquet de Milan, après le dépôt d'une plainte pour « homicide volontaire aggravé contre X » déposée par l'écrivain Ezio Gavazzeni, et la remise d'un rapport circonstancié, étayé par l'ex-juge italien, Guido Salvini, et l'ancienne maire de Sarajevo, Benjamina Karic.

« On est passé de la banalité du mal, le concept d'Hannah Arendt, à l'indifférence du mal. Ces personnes tiraient sur d'autres humains juste pour affirmer leur supériorité », a déclaré Ezio Gavazzeni (La Repubblica). « Il ne s'agissait pas de combattants ou de mercenaires, mais de "simples" amateurs de safaris humains », rapporte La Stampa, horrifiée. Ces « passionnés d'armes, certains liés aux milieux d'extrême droite » étaient des gens "presque" ordinaires. L'un de ceux qu'on a identifiés est le « propriétaire italien d'une clinique privée spécialisée en chirurgie esthétique ». Le week-end de « chasse à l'homme » coûtait entre 80.000 et 100.000€, avec une « grille tarifaire spéciale selon le type de civil visé ».

Entre 1992 et 1996, durant les quelque 1.400 jours du siège de Sarajevo, plus de 11.500 personnes (dont 1.600 enfants) ont été tuées.

 

   Neuvième visite de Volodymyr Zelensky à Paris depuis le début de l'agression russe. L’arrivée de l’hiver, l’échec de la médiation Trump, les avancées russes (notamment sur le front de Pokrovsk) et les attaques massives de drones rendent les besoins de Kiev encore plus urgents que d'ordinaire (Le Parisien).

La France va réaffirmer son soutien, tout en assurant travailler à un cessez-le-feu. Zelensky et Macron visiteront donc aujourd'hui « l’état-major de la force multinationale Ukraine », qui devrait se déployer comme « garantie de sécurité » en cas d’accord avec Moscou (qui y est fermement opposé).

Mais la visite la plus attendue devrait être celle de la base aérienne de Villacoublay, où Macron devrait annoncer une « livraison d'avions Rafale" aux Ukrainiens, si l'on en croit les déclarations de Zelensky sur X« Un accord historique a été conclu avec la France : il prévoit un renforcement significatif de notre aviation de combat, de notre défense aérienne et de nos autres capacités de défense ».

 

   Les femmes et les hommes n'arrivent-ils plus à vivre ensemble ? Les lieux qui sont réservés aux premières, afin de se protéger des seconds, se multiplient en France. Et une pétition lancée par une élue LFI et réclamant des wagons spécifiques dans le métro et les trains de banlieue a recueilli plus de 31.000 signatures. « La préoccupante percée de la non-mixité », titre Le Figaro. Salles de sport, discothèques, fêtes, ateliers, enseignement, formations en  « non-mixité choisie », séjours touristiques...

En cause : le nombre de violences sexistes et sexuelles, en augmentation dans les transports. Et dans les salles de fitness, 48% des femmes évitent les heures d'affluence pour échapper aux « remarques graveleuses, surnoms condescendants et regards appuyés ». Faut-il pour autant faire sécession ? Selon la présidente de la Fondation des femmes, « ces violences sont une réalité, mais en venir à dire qu'on sera mieux entre filles n'est pas une solution ». Un échec pour la République ? « Et demain ce serait quoi ? », s'insurge Madame Figaro« Ce sont les agresseurs qu'il faut exclure, ce n’est pas aux femmes de s’isoler »« La fin de la mixité ne bénéficie jamais aux femmes », rappelle BFM.

Cette exigence de non-mixité rencontre fort opportunément les principes de séparation hommes/femmes que veut imposer l'islam politique. Ainsi, à Strasbourg, un militant musulman, tête d’une liste communautariste aux municipales (MPI), a pu « réserver un créneau 100% dédié aux femmes aux bains municipaux ». Le port du burkini était autorisé, puisque l'espace public était privatisé... (Le Figaro).

L'enseignement, aussi, est touché. Un rapport sénatorial du 7 octobre recommande aux formations scientifiques du supérieur, souvent très masculines, de créer « des espaces temporaires de non-mixité exclusivement dédiés aux filles ». L'École polytechnique va plus loin, suggérant de pérenniser des « classes non mixtes » (Les Échos). Quant aux « toilettes non genrées » dans les collèges, elles n'ont plus la cote : « La négligence des garçons est un obstacle », objectent les filles (La Dépêche).

 

   En Bref : « Personne ne veut voter le budget", annonce Le Parisien« L'ombre d'une mise en œuvre par ordonnances pèse sur les députés", renchérit Le Figaro« Les amendements votés nous conduisent à un déficit public de plus de 5% du PIB, c’est trop", alerte le ministre des Finances (La Tribune) - Sébastien Delogu (LFI) annonce sa candidature à la Mairie de Marseille (BFM). Pauvres Marseillais... - Ce week-end, la « gauche non-LFI a exposé ses divisions » et s'est déchirée sur l'idée d'une primaire (LCI) - Selon une étude du Boston Consulting Group pour la fondation Apprentis d'Auteuil, le décrochage scolaire (75.000 jeunes sortis du système sans diplôme chaque année) coûte 25Mds€/an à la société - Marcher 30 à 60mn par jour ralentit la progression de la maladie d'Alzheimer de plusieurs années (Nature Medecine) - Selon une enquête de Mediapart, contrairement à ce qu'elle prétend, Anne Hidalgo, la maire de Paris, choisit systématiquement de voyager en 1re classe en train et en classe business en avion. Contrevenant ainsi aux règles en vigueur pour les élus et dépensant une fortune aux frais du contribuable - Ongles courts et vernis effet velours, telle est la « manucure gagnante » du moment (Elle). Finies, les griffes en résine de 5 cm de long ? Enfin une bonne nouvelle.

Le charme quasi mystique du nouvel album de Midlake pour adoucir votre lundi.


Stéphanie Mesnier-Angeli est journaliste (Canard Enchaîné), écrivain et romancière. 

Auteur entre autres de Barnabé - Le Roman d'un chat  (Librinova, 2021), Tueuses mais pas trop (Fayard, 2015).

Egalement co-auteur de livres politiques (avec Claude Angeli): Les Micros du Canard (Les Arènes, 2014), En basse campagne (Grasset, 2002), Chirac, père et fille (Grasset, 2000), Fort Chirac (Grasset, 1999), Sale Temps pour la République (Grasset, 1997), Le Nid de serpents: bataille pour l'Elysée 1993-1995 (Grasset, 1995), Notre allié Saddam (Orban, 1992).

Stéphanie Mesnier-Angeli est une contributrice du PRé et livre gracieusement cette Revue de presse depuis septembre 2024.

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