· 

PIVOTER VERS UNE INDUSTRIE CIRCULAIRE, par Grégory Richa et Emmanuelle Ledoux

 

   Six mois à un an d'attente pour une bagnole neuve, pour une Nissan, Audi, Opel ou Land Rover, mais aussi pour une Citroën ou une Peugeot, suite à la crise des semi-conducteurs. Et ne parlons pas des iPhone 14 Pro et Pro Max qui vont manquer pour les fêtes de fin d'année.

La crise sanitaire, les conséquences du dérèglement climatique, les énormes difficultés des Etats à enrayer les émissions de CO2, la raréfaction des matières premières brutes, les tumultes géopolitiques dans le monde et, plus récemment, la guerre de la Russie en Ukraine, ont sérieusement remis en cause une production industrielle mondialisée dont les process n'ont pas changé depuis des décennies, avec une production linéaire faisant trop peu de cas de la question de la gestion/valorisation des déchets et du gaspillage des ressources.

 

La France, comme le reste de l'Europe doit se poser la question de l’augmentation des investissements dans, entre autres, la numérisation et la robotisation de leur système productif, ainsi que dans les services digitaux à forte valeur ajoutée, que les crises récentes ont mis en exergue. L'enjeu est à la fois simple et très complexe : comment ménager une souveraineté sinon nationale, du moins européenne en matière de logiciels, micro-processeurs, et semi-conducteurs, ces petites puces électroniques, à mi-chemin entre un conducteur et un isolant, indispensables dans les systèmes électroniques qui permettent notamment de réguler le flux de courant, pour produire un téléphone, un ordinateur, une télévision, un véhicule, un avion, un appareil électro-ménager, une console de jeu… ?

La pénurie actuelle met en exergue la question de la sécurisation des approvisionnements et invite à relocaliser la production (hyper compliqué), en tous les cas une partie, en Europe, afin de réduire la dépendance actuelle de la filière industrielle rendue vulnérable. Ce constat est certes "édifiant, mais pas suffisant".

Aussi, afin de faire face à tous ces défis, comme à la disparition de la diversité du vivant, l'industrie se doit désormais de "pivoter" vers un modèle #circulaire.

 

   C'est le sujet du livre de Grégory Richa et de notre amie Emmanuelle Ledoux qui prolonge une étude de l'INEC *(Institut national de l'économie circulaire),  réalisée avec le cabinet de conseil OPEO, intitulée  « Pivoter vers une industrie circulaire. Quels modèles ? Comment accélérer ? » publiée en avril 2021. Il a été pensé et écrit dans une optique simple : contribuer à la transition écologique & énergétique, en faisant partager des solutions tangibles et applicables pour avancer vers une industrie plus durable et plus souhaitable.

Pour relever les défis environnementaux, économiques et sociaux actuels, donner corps à la visée d'une (ré)industrialisation promue dans le Plan de Relance, l’industrie du futur ne peut pas ne pas penser Economie circulaire. La crise sanitaire est venue conforter la nécessité absolue d’une transition du tissu industriel vers plus de robustesse, d'ingéniosité, d'autonomie stratégique et de modération dans l'utilisation des ressources.

 « Le modèle de l’industrie actuelle est linéaire, pointe l'INEC. Il consiste à « extraire, produire, consommer et jeter », avec comme principe directeur la recherche d’une croissance infinie. Or, les ressources sur lesquelles se fonde cette croissance ne le sont pas et les impacts environnementaux de notre modèle de société se font de plus en plus alarmants.

Des évolutions en cœur d’usine, permises par l’industrie 4.0 et une optimisation du recyclage et des flux énergétiques, ont réduit l’impact environnemental et amélioré la compétitivité des industries. Toutefois, le cœur d’usine représente rarement plus de 5% de leur empreinte environnementale. Ces progrès demeurent donc parcellaires. Le modèle qui prédomine dans l’industrie reste fragile et la transformation engagée jusqu’à présent inadaptée pour faire face aux contraintes, non pas à venir mais actuelles. »

 

   S’inscrivant dans la mise en œuvre de la charte de l'environnement de 2004, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (promulguée le 10 février 2020) a constitué un bon signal en entendant accélérer le changement des modèles de production et de consommation, sortir du plastique jetable, mieux informer le consommateur, tendre vers une exploitation parcimonieuse des ressources naturelles, et préserver la diversité de la vie et le climat.

Ce livre vient à point nommé et se présente comme un plaidoyer utile et pratique pour amener l’industrie, et plus largement la société, les acteurs politiques, économiques et sociaux, à se saisir de ces enjeux pour  intégrer la nécessité d’anticipation, des changements à mettre en œuvre jusque dans la transformation de certains métiers, afin d'accélérer la transition.

 

Dominique Lévèque

 

Pivoter vers une industrie circulaire, par Grégory Richa et Emmanuelle Ledoux (Ed. Dunod, octobre 2022)

Grégory Richa est directeur associé chez OPEO, cabinet spécialisé dans l’accompagnement des industriels dans leur écosystème et dans la promotion d'une industrie durable, compétitive, humaine et résiliente.

Emmanuelle Ledoux est directrice générale de l’Institut national de l’économie circulaire (INEC).

 

* L’Institut National de l’Économie Circulaire, organisme de référence et d’influence autour de l’économie de la ressource était présidé il y a peu encore par François-Michel Lambert, ancien député des Bouches du Rhône, appartenant au conseil des membres du PRé.

#économiecirculaire #industrie #environnement #entreprises #circulareconomy #livre #circulaire #innovation

Télécharger
PIVOTER VERS L'INDUSTRIE CIRCULAIRE - Qules modèles ? Comment accélérer ?
UNE ÉTUDE OPEO & INEC, avril 2021
pivoter-vers-lindustrie-circulaire_INEC_
Document Adobe Acrobat 4.1 MB

Écrire commentaire

Commentaires: 0