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UNE MEMOIRE ALGERIENNE, avec Benjamin Stora, demain RFI à 12h10

 

RDV RADIOPHONIQUE DEMAIN DIMANCHE 12h10

 

Notre ami Benjamin Stora, historien, membre du CS du PRé, sera demain dimanche 24 mai 2020 sur RFI de 12h10 à 13h, pour évoquer son livre "Une mémoire algérienne".

 

Paru dans la fameuse collections "BOUQUINS" (Robert Laffont)

 

 

Benjamin Stora en 1970 à Nanterre. Archives personnelles de Benjamin Stora

 

Après des volumes « Bouquins » consacrés à Michelle Perrot, Edgar Morin et Elisabeth Badinter, celui-ci rend hommage à l’œuvre d’un grand historien contemporain.

Ce volume regroupe six ouvrages majeurs de Benjamin Stora correspondant à l’un des grands thèmes de recherche de l’historien : la mémoire et l’histoire de la guerre d’Algérie.


Une première partie traite du parcours personnel de Benjamin Stora. Dans Les Clés retrouvées, il est question de son enfance juive à Constantine, du bonheur familial et du souvenir d’un monde qu’il a vu s’effondrer ; dans La Dernière génération d’octobre, le lecteur découvre son engagement marqué très à gauche, et son cortège de désillusions. Avec Les Guerres sans fin, nous suivons le travail d’un chercheur sur plusieurs années qui montre comment le savoir historique est une discipline universelle, aidant à panser les blessures du souvenir singulier de la guerre. Il se tient ainsi à distance critique des groupes porteurs d’une mémoire blessée (pieds- noirs, harkis, immigrés ou Algériens nationalistes). Dans son travail sur l’histoire et la mémoire, l’Algérie est un moteur et un fantôme. Être historien de la guerre d’Algérie, c’est porter en soi une blessure aussi collective qu’intime.


 

Dans la seconde partie du volume, trois récits d’histoire sont proposés au lecteur. Dans Le Mystère De Gaulle, Benjamin Stora analyse l’attitude, toujours très discutée, du général de Gaulle au moment de son accession au pouvoir en 1958. Sa décision d’ouvrir des négociations avec les indépendantistes algériens en 1959, n’était pas, pour l’historien, un moyen de parvenir à l’indépendance, mais pour trouver une solution de compromis, associant de manière originale l’Algérie et la France. L’histoire en a décidé autrement. Dans François Mitterrand et la guerre d’Algérie, écrit avec François Malye, Benjamin Stora évoque l’attitude de celui qui deviendra, bien plus tard, un adversaire de la peine de mort, mais n’hésitera à se prononcer en faveur de la guillotine pour les Algériens, lorsqu’il était ministre de la Justice en 1957. Enfin, dans Les Trois Exils, Benjamin Stora raconte la longue histoire des juifs en terre algérienne, et leur impossible neutralité pendant la guerre d’Algérie, qui se terminera par l’exil.

L’intérêt de cet ensemble est de permettre une meilleure compréhension d’une guerre qui en associe en réalité trois : une guerre coloniale livrée par la France, une guerre nationaliste menée par les indépendantistes algériens, et une guerre civile entre Algériens, et entre Français, du fait de la forte présence démographique et sociale de ces derniers sur le territoire algérien.


Né en 1950 à Constantine en Algérie, Benjamin Stora a été Professeur des universités, Inspecteur général de l’Éducation nationale, et Président du Musée national de l’histoire de l’immigration. Il a enseigné dans plusieurs universités françaises (aux Langues Orientales, à Saint-Denis ou à Villetaneuse), et à l’étranger (à New York, Rabat, Hanoï, et Berlin). Il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages sur l’histoire de la guerre d’Algérie, du Maghreb contemporain, de la décolonisation, ou de l’histoire des relations entre juifs et musulmans. Dans le domaine des images, il a été le conseiller scientifique des films Indochine (Oscar, 1993), Les Hommes libres (2011), ou Le Premier homme (2013) ; et auteur de plusieurs documentaires pour la télévision, comme La Déchirure ou Notre histoire (2012). Les ouvrages de Benjamin Stora sont traduits en plusieurs langues. Son travail de chercheur, s’il s’inscrit dans une pratique novatrice de l’histoire (par le recours aux témoignages et aux archives privées), s’inspire également des traumatismes de son enfance, marquée par la guerre et l’exil.

Benjamin Stora est membre du conseil scientifique du PRé.

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